Tuesday, May 10, 2011

DICTATURE DE LA MAJORITE?









Accès à l'information et liberté d'expression: faible performance d'Harper



 


Diana Mehta
La Presse Canadienne
Le gouvernement de Stephen Harper n'obtient pas la note de passage lorsqu'il est question d'accès à l'information, révèle un nouveau rapport qui presse les Canadiens à être vigilants quant à leur liberté d'expression.
Pour la deuxième année consécutive, le rapport des Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE) accorde un F moins au gouvernement, soutenant que les délais pour répondre aux demandes d'information se sont allongés et que le nombre de lacunes dans les informations reçues a radicalement augmenté.
Intitulé Comme des moutons à l'abattoir, le rapport cite la décision d'un fonctionnaire des Travaux publics de ne pas dévoiler une information à La Presse Canadienne pour expliquer pourquoi le Canada figure désormais au bas de la liste de cinq grandes démocraties lorsqu'il est question d'accès à l'information.
Plus de la moitié des institutions fédérales sondées sur leur performance d'accès à l'information se sont classées sous la moyenne et cinq ont même échoué.
Le parti au pouvoir a même été trouvé coupable d'outrage au Parlement pour avoir omis de dévoiler des informations au sujet de programmes importants de dépenses, souligne le rapport. Cela explique peut être pourquoi les journalistes semblent de moins en moins enclins à utiliser le mécanisme d'accès à l'information.
Les statistiques dans le rapport indiquent que 44 pour cent des requêtes d'accès à l'information n'obtiennent pas de réponses dans les délais prescrits de 30 jours. En moyenne, il faut 395 jours pour régler une plainte.
Le rapport accorde également un F pour les services de sécurité et le gouvernement fédéral qui ont déclaré que le sommet du G20 à Toronto fut un «franc succès».
La CJFE considère plutôt qu'il fut «le plus important compromis sur les libertés civiles de l'histoire du Canada». Les refus répétés de reconnaître les accréditations des journalistes, et de multiples incidents de harcèlement et de détention de journalistes ont largement contribué à ce fiasco, précise le rapport.
La Cour suprême du Canada a pour sa part reçu la cote C pour une décision juridique «ambiguë, forçant, d'un côté, un journaliste à divulguer ses sources tout en reconnaissant le droit de protéger les sources lorsqu'il peut démontrer qu'il en va de l'intérêt public».
Malgré la faible performance du gouvernement, la CJFE espère que la stabilité d'un gouvernement conservateur majoritaire incitera le premier ministre Stephen Harper à effectuer des changements positifs au sujet de l'accès à l'information et la liberté d'expression.
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Sunday, May 8, 2011

RDC: Un pays appauvri par ses propres fils et filles!!!










RDC : la pauvreté est-elle irréversible ?
Une analyse de l’économiste congolais Oasis Kodila Tedika


Malgré ses immenses ressources naturelles, la République Démocratique du Congo (RDC) est l’un des pays les plus pauvres du monde. Les populations vivent dans des conditions inhumaines. Les indicateurs sociaux affichent des niveaux tellement bas qu’il s’avère pratiquement impossible pour le pays d’atteindre un seul des Objectifs du Millénaire pour le développement. La pauvreté a élu domicile dans ce pays. Est-elle une fatalité irréversible ?
En RDC, 71,34% de la population dispose d’un revenu inférieur au seuil de pauvreté. Une des étendues de la pauvreté la plus élevée au monde ! Il en est de même de sa profondeur – soit l’écart de revenu des pauvres par rapport au seuil de pauvreté (32,23%). Contrairement à ce que beaucoup pourraient penser, la République démocratique du Congo n’a pas toujours été aussi pauvre. A son indépendance, l’hypothèse du développement du pays était indiscutable pour beaucoup tant elle était évidente : entre 1920 et 1956, l’économie de la RDC, alors Congo-Belge, avait cru à des taux annuels exponentiels, avec un taux de croissance moyenne de près de 7 %. Le taux de croissance du PIB par habitant avait même pu atteindre jusqu’à 18 % en 1962. Ses infrastructures étaient avancées comparativement à d’autres nations africaines. Il était comparé notamment à l’Afrique du Sud. Ses atouts naturels étaient énormes. Mais depuis cinq décennies, la tendance s’est renversée.
Pour savoir si la pauvreté pourra reculer un jour en République démocratique du Congo il faut d’abord en déterminer l’origine. Dans un document récent*, l’auteur apporte sa contribution, en se basant sur l’état actuel des connaissances en science économique, pouvant être utile dans ce débat.
Les travaux économiques récents sur le rôle des institutions dans le développement économique permettent d’expliquer aisément le pourquoi du renversement de la situation économique en RDC. A cet égard, le parcours historique de la République démocratique du Congo constituerait une cause profonde de la pauvreté congolaise, via son héritage institutionnel.
En effet, les institutions déterminent la performance économique d’une nation. Les pays dotés de bonnes institutions (Etat de droit, protection des droits de propriété, garantie des contrats etc.) sont ceux qui occupent la tête de peloton en termes de niveau de vie par habitant et ont des faibles incidences de la pauvreté.
La réalité congolaise, comme l’ont fait remarquer quelques avisés, n’est qu’héritage de l’instabilité permanente de l’après-indépendance et du contraire de bonnes institutions ou de la bonne gouvernance : pratiques de corruption, d’enrichissement illicite et de dilapidation des ressources publiques, attitudes prédatrices de la part des acteurs internes et externes (notamment, leur capacité à entreprendre des guerres de prédation), non respect du droit de propriété... C’est ainsi par exemple que Ola Olsson et Heather Congdon parlent de la République démocratique du Congo comme le pays qui a remporté le « Prix de la prédation ». En renchérissement, Baudouin Hamuli Kabarthuza, dans son livre « Donner sa chance au peuple congolais », a écrit : « la pauvreté ou la misère extrême de la RDC peut s’expliquer uniquement par la faible performance de ses institutions, de ses entreprises. [...] Nos politiques aussi avec leur mauvaise gestion ont plongé le pays dans l’abîme [...] ».
Selon l’Indice Mo Ibrahim, la République démocratique du Congo s’est classée en 2010 au 51ème rang sur 53 pays africains évalués pour leur gouvernance. Cette mauvaise gouvernance peut être par exemple aussi observée par la forte corruption qui caractérise ce pays : 164ème pays les plus corrompus du monde sur 178 pays classés par Transparency International 2010. Des mauvaises règles formelles, générées par des défaillances institutionnelles, ne créent aucune incitation à l’entrepreneuriat, à l’investissement, à l’innovation, à la création de valeur, à la productivité... Et quand tous ces éléments ne sont pas réunis, une croissance négative se met en place. Parce qu’il y aura moins d’échange, moins de division du travail, et donc moins de productivité au niveau social. Sans augmentation de la productivité, il n’y aura pas de réelle croissance économique solide. En des termes différents, la République démocratique du Congo y gagnerait si elle faisait progresser sa gouvernance, instaurait un réel État de droit et améliorait le climat des affaires, notamment pour les petits entrepreneurs.
On en conclut donc que la pauvreté paraît logique dans ces circonstances, mais pas irréversible. Améliorer les institutions réduirait la pauvreté qui sévit en République démocratique du Congo. Le processus n’est pas simple, il n’y a pas de recette universelle, mais il est grand temps de s’y lancer maintenant avec envergure, au risque de se retrouver dans 50 ans dans la situation actuelle, après 50 années d’indépendance – et 50 années gaspillées.
*Oasis Kodila Tedika (2010), « Pauvreté en République démocratique du Congo : un rapide état de lieux », Congo Economic Review, Working Paper n° 01/10.

Un article publié en collaboration avec UnMondeLibre.org





R.D.C.



réactions

PAS DE BLAGUES











07 mai 2011

Les arrestations d’opposants confirment que le régime syrien n’entend pas dialoguer


Au cours des dernières semaines, le régime syrien a modifié sa stratégie vis-à-vis de « l’opposition classique », qu’il s’agisse des partis regroupés dans le Rassemblement National Démocratique ou des forces et personnalités réunies dans la Déclaration de Damas.
Rappelons, pour ceux dont l’intérêt pour la Syrie est récent, que le Rassemblement National Démocratique a été créé en 1979, sous l’impulsion du Dr Jamal Al Atassi et de l’avocat Riyad Turk en particulier, pour offrir un cadre aux formations politiques qui refusaient d’adhérer au Front National Progressiste. Placé sous la houlette, ou plutôt sous la férule du Parti Baath, le Front devait permettre à son secrétaire général, Hafez Al Assad, de se prévaloir dans toutes ses décisions du consensus  plus ou moins spontané des partis politiques tolérés. Le Rassemblement, qui affichait son attachement à la démocratie plutôt qu’au progressisme, réunissait les partis qui s’étaient mis en quelque sorte hors jeu, condamnés à une semi-clandestinité, pour avoir refusé de sacrifier leurs principes aux privilèges attachés à l’entrée dans le Front : des postes de ministres, des sièges à l’Assemblée du Peuple, des voitures et des logements de fonction, une certaine liberté d’action… Le Rassemblement regroupait et regroupe encore le Parti de l’Union Socialiste Arabe Démocratique, le Parti Communiste / Bureau Politique aujourd’hui rebaptisé Parti Démocratique du Peuple, le Parti Baath Démocratique, le Parti des Socialistes Arabes et le Parti Révolutionnaire des Travailleurs.
Rendue publique en octobre 2005, la Déclaration de Damas expose son programme dans son intitulé complet : «  Déclaration de Damas pour le Changement National Démocratique Pacifique en Syrie ». Elaborée par des intellectuels de diverses tendances et conçue comme une plate-forme ouverte aux partis déjà constitués, aux organisations de la société civile, aux associations de défense des Droits de l’Homme et aux simples citoyens sans engagement politique préalable, la Déclaration a réuni au-delà des partis du Rassemblement National Démocratique. Figurent en effet parmi ses signataires, d’une part les Frères Musulmans, interdits en Syrie depuis la loi 49 de 1980 qui les condamne à mort, et d’autre part le Parti de l’Action Communiste, créé au milieu des années 1970 pour redynamiser le Parti Communiste Syrien. La Déclaration de Damas a réuni son premier congrès, le 1er décembre 2007, mais le pouvoir a aussitôt arrêté et emprisonné pour deux ans et demi une douzaine de ses principaux dirigeants.
Jusqu’à la fin du mois de mars, les services syriens de sécurité avaient largement ignoré cette opposition. Il faut dire que, si ses principales figures sont respectées par la population, elles n’ont aucune influence directe sur la rue. Par ailleurs, ni les membres, ni les dirigeants des partis qui la composent ne semblaient jouer un rôle moteur dans le mouvement de manifestations. La campagne d’arrestations ciblées qui a commencé au début du mois d’avril, a abouti à l’emprisonnement à ce jour d’un nombre important de militants et de responsables.
Sans prétendre être exhaustif, on peut mentionner : Ahmed Maatouq (membre du Parti de l’Union Socialiste Arabe Démocratique, arrêté le 8 avril), Najati Tayyara (vice-président de l’Association Arabe des Droits de l’Homme en Syrie, le 8 avril), Fayez Sara (membre fondateur des Comités de la Société Civile et membre de la Déclaration de Damas, le 9 avril), Georges SABRA (membre du comité central du Parti du Peuple Démocratique, le 10 avril), Ghiyath Ouyoun al Soud (premier secrétaire du Parti du Peuple Démocratique, le 12 avril), Mahmoud Issa (membre du Parti de l’Action Communiste, le 19 avril), Abdel-Naser Kahlous (membre du Forum Jamal al Atassi pour le Dialogue Démocratique, le 25 avril), Mohammed Omar Kardas (membre du bureau politique du Parti de l’Union Socialiste Arabe Démocratique, le 25 avril), Qasem Azzawi (militant des Droits de l’Homme, le 26 avril), Hazem Nahhar (dirigeant du Parti Révolutionnaire des Travailleurs, le 28 avril), Fahmi Yousef (dirigeant du Parti du Peuple Démocratique, le 29 avril), Hassan Abdel-Azim (secrétaire général du Parti de l’Union Socialiste Arabe Démocratique et porte-parole du Rassemblement National Démocratique, le 30 avril), Omar Qachach (membre dirigeant du Parti du Peuple Démocratique, le 30 avril), Riyad Seif (président du secrétariat général de la Déclaration de Damas, le 6 mai)…
Ces hommes ont plusieurs traits communs. Ils ne sont en général plus très jeunes, leur doyen étant Omar Qachach, qui est âgé de 85 ans. Tous sont passés par la case prison, certains du temps de Hafez Al Assad, d’autres sous la présidence de Bachar Al Assad. Une moitié d’entre eux a bénéficié de l’hospitalité des geôles du régime à ces deux reprises. Aucun, en revanche, n’est considéré comme radical ou extrémiste, plusieurs étant par nature ou par raison disposés à dialoguer avec le pouvoir et favorables, dans la mesure du possible, à une sortie de crise négociée.
Puisqu’il ne s’agit donc pas de ces affreux « wahhabites », « salafistes » ou « terroristes islamiques » que le pouvoir syrien veut voir et dénonce contre toute vraisemblance derrière les manifestants qui descendent dans les rues pour réclamer liberté et démocratie, pourquoi ont-ils été emprisonnés ? Pour deux raisons.
Tous ou presque ont pris le risque de répondre aux questions de médias étrangers, dont on sait qu’ils sont tenus à bonne distance des événements qui se déroulent en Syrie. Ce faisant, ils ont brisé l’omerta que le pouvoir impose sur la véritable guerre qu’il mène contre ses propres citoyens. Ils ont non seulement fourni un autre récit que le discours officiel sur l’origine de la protestation et le déroulement de la répression, mais, pour certains d’entre eux, ils ont fermement démenti la propagande du régime. Et ils ont parfois démontré que ce n’étaient pas de « dangereux terroristes infiltrés dans le pays depuis l’étranger » qui avaient assassiné les soldats et officiers décédés en opération, mais d’autres militaires, pour les punir d’avoir refusé les ordres et de n’avoir pas ouvert le feu sur les manifestants.
Les autres, et parfois aussi les mêmes, ont été mis à l’ombre pour signifier à la population en général, et à la classe politique en particulier, qu’il n’y aurait pas de dialogue. Ceux qui imaginaient que, à un moment ou un autre, Bachar Al Assad accepterait de faire taire les armes pour laisser parler la raison, entendre les revendications et étudier avec des représentants des protestataires le moyen d’y répondre devaient cesser de rêver. Certes, rien ne dit que les manifestants, au cas où le régime serait sorti de son autisme pour se résoudre à discuter, auraient choisi pour parler en leur nom l’un ou l’autre des dirigeants politiques en ce moment détenus. Mais,  en écartant ceux qui apparaissaient, aujourd’hui au moins, les mieux disposés ou les plus aptes à s’asseoir avec lui pour envisager une solution, le pouvoir fait savoir à tous les Syriens qu’il entend bien mener au bout ce qui constitue aujourd’hui sa seule ligne de conduite : faire taire les protestations des Syriens, les faire rentrer chez eux, et rétablir, plus épais et plus hermétique que par le passé, le mur de la peur qu’ils tentent de renverser sur lui pour l’écraser ou pour le contraindre à fuir.
Tiré du Blog le monde: Ignace Levenrrier

Thursday, May 5, 2011

MUBARACK SERA-T-IL PENDU?












Algérie : les étudiants veulent changer le régime au pouvoir
Posted: 03 May 2011 03:02 AM PDT
Depuis la chute du dirigeant tunisien Zine El-Abidine Ben Ali, les Algériens croient encore plus à la possibilité de changer le régime au pouvoir depuis près de 50 ans. Pour cette raison, ils multiplient les stratégies de contestation et tentent de s’organiser pour une révolution pacifique.
Les syndicats autonomes, soutenus par quelques partis de l’opposition, ont déjà essayé de mener la lutte au sein de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD). Au bout d’un mois d’existence, cette organisation a éclaté en deux groupes : les partis politiques d’un côté et les syndicats de l’autre.
L’expérience aura néanmoins servi de détonateur à une série de manifestations qui continuent à ce jour. De nombreux secteurs économiques et sociaux du pays expriment leur ras-le-bol à travers des grèves et des marches. Mais le mouvement qui paraît être le plus sérieux et le plus prometteur est sans doute celui des étudiants qui touche presque tous les campus universitaires du pays. Forts des leçons tirées après l’échec de la CNCD à mobiliser, les étudiants comptent rassembler toute la société civile pour susciter le changement.
C’est le décret présidentiel 10-315 du 13 décembre 2010, établissant une nouvelle correspondance entre les diplômes du nouveau système LMD et le système classique qui a déclenché la grogne des étudiants, rapidement rejoints par les enseignants. Les grandes écoles, qui sont les premières à avoir manifesté leur colère dans les rues de la capitale, refusent toujours d’entrer dans une lutte contre le régime : « Le gouvernement ne prend pas au sérieux nos revendications, s’indigne Mahfoud. Malgré cela, nous ne voulons pas entrer dans le cadre d’un mouvement de contestation plus général. » Pour cet étudiant de l’Ecole Supérieur d’Informatique (ESI) à Alger, « il est difficile de maintenir une grève de plus de deux mois pour deux raisons. La première est une loi qui autorise les recteurs des universités à porter plainte contre les organisateurs des mouvements de grève. La seconde est le refus des étudiants de rater leurs examens. »
Qu’à cela ne tienne ! Les étudiants des universités publiques sont décidés à aller jusqu’au bout de leur combat. « Mais en procédant étape par étape », remarquent Karim Yamoun et Mahmoud Allouche. Pour ces deux étudiants, « il faut d’abord sensibiliser les étudiants. Ensuite, nous nous adresserons au reste de la population. »
Au départ, le mouvement s’était concentré sur des exigences purement universitaires et le chef de l’Etat, M. Abdelaziz Bouteflika, a vainement espérer éteindre le feu en annulant le décret qui faisait polémique. « Nos revendications se sont élargies depuis, explique M. Allouche. Nous voulons aussi exprimer notre rejet de la privatisation progressive de l’université publique ainsi que la mise en concurrence des filières et nous voulons participer à la gestion de nos universités. Cela dit, nous savons que cette dictature ne nous apportera pas la démocratie. » Il a donc fallu s’orienter vers « une » nouvelle exigence : le départ du système.
Dans cette optique, des élus de différentes universités algériennes se sont donné rendez-vous à Bejaïa pour créer la Coordination Nationale des Etudiants (CNE).  « Nous avons choisi cette ville symbolique pour dire que nous nous inscrivons dans l’esprit du Congrès de la Soummam[1]. », nous dit Karim Yamoun de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou qui rappelle que les universitaires se sont déjà rassemblés par milliers et pendant plusieurs jours devant les portes du ministère de l’Enseignement supérieur.
La force de la CNE est sa connaissance des stratégies du pouvoir pour faire avorter toutes les actions de l’opposition. Elle est aussi consciente de la méfiance des Algériens à l’égard de tous les partis politiques. C’est pour cette raison que Mahmoud Allouche refuse de révéler de quelle région du pays il est issu. Il accepte à peine de dire qu’il est étudiant à l’université de Bejaïa. En effet, le pouvoir, à travers la presse officielle, a toujours opposé des régions à d’autres et les arabophones aux berbérophones. M. Allouche indique que « la CNE est représentée par des universités des différentes régions comme Constantine, Oran, Mostaganem…Nous voulons un mouvement national et sans accointances avec les partis politiques. » Si le rejet des partis politiques au pouvoir est facilement compréhensible, le refus de se rassembler avec des partis de l’opposition s’explique par les engagements, parfois contre-nature, et les compromissions de ces derniers durant la décennie noire des années 90. A l’époque, certains se sont rapprochés des intégristes et d’autres des militaires, deux camps que la population tient pour responsable de la mort de 200 000 personnes. La CNE, quant à elle, est confiante qu’une fois tous les campus acquis à sa cause, une ligne politique claire se dessinera.
« La CNE est composée de Coordinations locales (CLE), ajoute Mahmoud Allouche. Ainsi, tous les mouvements que nous organiserons au sein des universités seront sous notre contrôle et nous pourrons résister aux relais très nombreux de l’Etat. Nous ne nous laisserons pas infiltrer par la police, ni perturber par les manœuvres des syndicats officiels l’UNEA et l’UGEL. D’ailleurs, des jeunes de l’UGEL, proche du parti islamiste MSP[2], ont agressé des manifestants à Alger et à Bouira. A Batna, un étudiant de la Coordination locale est interdit d’accès dans toutes les universités. » Mais une nouvelle difficulté vient s’ajouter à celles déjà citées. Le déplacement de navires militaires américains vers la Libye laisse les Algériens méfiants quant à une révolution qui les mettrait sous la domination des Etats-Unis. « La situation en Algérie n’est pas la même qu’en Libye, tempère M. Yamoun. Le régime algérien ne réagira jamais comme Kadhafi. »
En termes d’actions sur le terrain, la CNE compte organiser des meetings dans toutes les universités et des sit-in devant les rectorats. Elle espère aussi provoquer un front social plus large en rassemblant toutes les organisations actuellement en lutte pour leurs droits et engager, sans aucun complexe régionaliste, partisan ou religieux, un « combat pacifique pour le changement ».
[1] Le 20 août 1956, les représentants du Front de Libération Nationale (FLN) et de l’Armée de Libération Nationale (ALN) se sont réunis dans la vallée de la Soummam pour organiser la Révolution et la doter de structures politiques solides. Abane Ramdane, la tête pensante de ce Congrès, a été tué en 1957 par l’armée des frontières installée à l’extérieur du pays. Celle-ci a pris de force le pouvoir après l’indépendance et le garde jusqu’à aujourd’hui.
[2]
Le Mouvement de la Société pour la Paix fait partie de l’alliance gouvernementale.
Quatre millions d’habitants pendant quatre mois : avons-nous été réactifs à la situation sociale et sanitaire à Abidjan?
Posted: 02 May 2011 11:55 PM PDT
CIV 1 201103101117040685 Quatre millions d’habitants pendant quatre mois : avons nous été réactifs à la situation sociale et sanitaire à Abidjan?
Les populations d'Abobo ont fui les combats ©Irin
L’instabilité politique de la Côte d’Ivoire dure depuis la mort, en 1993, du président Houphouët Boigny, qui avait gouverné le pays depuis son indépendance. La population du pays s’est par ailleurs considérablement appauvrie. Le secteur informel est en pleine expansion, là où régna l’Etat providence. Avant la crise électorale de novembre 2010, la moitié des ivoiriens vivaient avec moins de un dollar par jour.
Les ressources ne sont pourtant pas négligeables : il y a du pétrole, du café et du cacao. San Pedro est le premier port d’exportation de cacao au monde. Le cacao constitue avec le café 40% des recettes d’exportation et 20% du produit intérieur brut (Le Monde du 14 avril). Le retentissement des crises et guerres que ce pays a traversées depuis plus de dix ans, sur l’état de santé de sa population, sur l’émergence de nouveaux risques sanitaires, sur l’offre de soins et sur l’accès économique et financier des populations aux services et aux médicaments, n’a pas été analysé. Il est temps de le faire sérieusement.
Une mission conjointe associant l’Etat de Côte d’Ivoire, la société civile ivoirienne, la France, l’Union européenne, la Banque Mondiale, les Etats-Unis, les agences de l’ONU et des fonds mondiaux, pourrait être réunie dans les plus bref délais, et procéder à une analyse claire: quelles sont les priorités de l’heure, quelles stratégies préconiser pour remettre en route l’offre de soins, quels moyens humains et financiers mettre à disposition de la reconstruction d’une politique, d’une stratégie et du système sanitaires ivoiriens.
Intéressons-nous dans l’immédiat à la crise post électorale à Abidjan. Qu’avons-nous observé?
Les témoignages et les constats sont accablants
Face à l’impasse des négociations politiques africaines et internationales, l’Union européenne et la Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) prennent des sanctions économiques et financières à l’encontre du régime de Laurent Gbagbo avec notamment le blocage des comptes ivoiriens de la Banque centrale. La paralysie du système bancaire privé qui s’ensuit empêche de nombreux habitants d’accéder à leurs revenus. Les prix des denrées alimentaires de base, riz et poisson, flambent, ainsi que ceux du charbon, du carburant et du gaz. Le secteur informel se paupérise très rapidement. Les comptes bancaires à l’étranger des ports de San Pedro et d’Abidjan sont bloqués. L’activité du port d’Abidjan est réduite de 80%, les navires redirigés. La raffinerie n’approvisionne plus le pays en carburants.
Tout ceci a pour effet de retarder l’importation, l’approvisionnement et l’acheminement des médicaments vers les centres de santé et les hôpitaux du système public et des fournisseurs privés, sans que les organisations internationales n’anticipent et ne parent dans le même temps à ces dysfonctionnements, avant que la sécurité ne devienne pour quelques semaines le seul enjeu. Le président de l’Ordre des médecins de Côte d’Ivoire, enregistré en direct lors de l’émission « Priorité santé » le 2 mars, alerte la communauté internationale sur Radio France Internationale, prévenant que la Pharmacie nationale de la santé publique du pays, dont les équilibres financiers sont précaires, ne dispose plus que de quelques semaines de stock de médicaments, et lance un appel à l’aide. A-t-il été entendu ?
Quelques jours plus tard, le 7 mars, le rapport de la « Humanitarian Country Team » de l’Organisation des Nations Unies en Côte d’Ivoire atteste que la crise post électorale a des conséquences sanitaires dramatiques dans l’ensemble du pays. Nous y lisons que la nourriture est rare, que les enfants ne vont plus à l’école, que le système de santé n’est le plus souvent plus en mesure d’offrir des soins, notamment en raison de l’insécurité, de la destruction des infrastructures, de la fuite des personnels de santé des zones de conflits armés, de la suspension dans plusieurs régions du réapprovisionnement des formations sanitaires en médicaments. La situation au nord et à l’ouest du pays est particulièrement préoccupante sur le plan humanitaire. Nous n’avons pas d’information sur l’accès des malades chroniques (maladies cardiovasculaires, cancers, diabète, etc.) aux médicaments vitaux pour eux. Nous sommes quatre mois après les élections, les règlements de comptes violents ont déjà commencé à Abidjan. Les populations fuient le quartier d’Abobo. Nous ne savons pas quelle assistance ils reçoivent, ni de qui. Qui se le demande ?
Ce rapport de l’ONU, qui circule entre les professionnels, ne semble pas avoir été répercuté au niveau médiatique. Dans un premier temps, les organisations de l’ONU, avec Action contre la Faim et Médecins sans frontières, d’autres associations, mettent en place à Abidjan une instance de concertation et se préparent à répondre.
D’après les témoignages que nous recevons tout au long du mois de mars en provenance des quartiers d’Abobo et de Yopougon, les interventions des équipes humanitaires ne sont pas perceptibles : ces quartiers comptent plus d’un million d’habitants chacun. L’ONU appelle les bailleurs de fonds à l’aide financière. Les équipes humanitaires associatives donnent incontestablement tout ce qu’elles peuvent, mais ce n’est qu’une goutte d’eau. L’actualité internationale se concentre sur les événements qui se déroulent dans le monde arabe, au Japon, et dans les régions qui font l’actualité le reste du temps.
Des témoignages que nous recevons tout au long de cette période, les viols sont massifs et quotidiens, des fillettes en sont aussi victimes, livrées à elles-mêmes dans la désolation, ne pouvant pas même recourir à des soins restés payants lorsqu’ils existent. La violence sexuelle dure depuis déjà plusieurs années dans la Côte d’Ivoire en situation de conflit, avec pour seules réponses les interventions ponctuelles d’un service du ministère des affaires sociales et d’une association locale au personnel très volontaire et courageux, désemparé et démuni. Le viol comme arme de guerre est un phénomène  devenue tristement classique, mais nous savons aussi que dans les sociétés où seule la force compte, sa pratique dure au-delà de la période de guerre elle-même : soyons vigilants.
Ces faits ne sont pas retransmis par les associations ou les médias. Les ignorent-ils ? Quel soutien local ou international reçoivent ces femmes et ces fillettes et leurs familles, au moins sur les plans médical et psychologique? Les travailleurs sociaux font aussi mention d’une augmentation considérable du nombre d’orphelins du sida et de la guerre en Côte d’Ivoire, et un rapport à l’Onusida avait révélé en avril 2010 que certains d’entre eux basculaient inéluctablement dans la prostitution infantile. C’est là un marqueur qui en dit long sur la situation sociale et économique du pays. Des réponses concrètes sont-elles envisagées? La situation concernant les malades atteints de sida a été dénoncée le 5 avril (Xavier Anglaret, Le Monde).
Malgré une offre de soins dévastée depuis plusieurs mois, en réalité depuis plusieurs années, dans ce pays où le budget du ministère de la santé est de moins de 4% du budget de l’Etat en 2010, la tarification des soins et le paiement des soins par les usagers de plus en plus paupérisés, continuent d’être en vigueur, sans que le système prenne la mesure de tous les exclus de fait. Ni du côté national, ni du côté régional ou international nous n’avons entendu une prise de position politique en faveur de la gratuité des soins en Côte d’Ivoire. Cette décision n’est pas davantage exprimée en pleine guerre civile, en avril 2011! Ceci nous surprend d’autant plus que plusieurs pays de la région, dont les populations vivent en paix, ont instauré, depuis plusieurs années pour certains, la gratuité des soins au moins en faveur des femmes et des enfants.
Selon les témoignages que nous recevons d’Abidjan, alors qu’il leur est impossible de payer un séjour à la maternité, ou même de recevoir une transfusion de sang, les femmes accouchent dans des conditions indescriptibles et meurent seules exclues des maternités, ignorées même des systèmes. Elles ne comptent décidément pour personne.
Les réactions et les opérations se mettent en place lentement
Face à cette situation, dont nous avons connaissance en privé, qui n’est pas détectée, en tout cas pas décrite, alors qu’elle est particulièrement alarmante au Nord –mais les envoyés spéciaux des chaînes de télévision sont ailleurs–, et qui va s’aggraver tout au long des mois de mars et avril pendant que les discussions se poursuivent au sein de la CEDEAO, la réponse tarde à venir ne serait-ce que sur le plan politique. Bien que l’Union européenne, au travers de son Office de coopération humanitaire (ECHO), ait annoncé le 17 mars une aide de 30 millions d’euros,  un mois plus tard la concrétisation sur le terrain de cette aide est invisible.
Quelles sont les ONG internationales prestataires? Que font-elles, à quels endroits ? Médecins sans frontières semble être la seule ONG internationale intervenant dans les quartiers d’Abidjan tout au long du mois de mars et en pleine guerre civile. Pendant toute la durée des combats entre les deux camps, l’insécurité empêche même l’ONG internationale de porter secours aux populations privées de tout dans la capitale: pas d’eau, pas de nourriture, pas de soins. Des couloirs humanitaires n’ont pas été dégagés. La distribution de nourriture et de médicaments par hélicoptère dans les quartiers terrorisés d’Abidjan ne semble pas avoir été envisagée. Les médias commentent la situation politique, la guerre, les issues potentielles de la crise politique, voire même les lendemains. La situation sanitaire de la population de la capitale n’est pas commentée pendant les quatre premiers mois de la crise post électorale, même lorsque quatre millions d’habitants sont cloitrés dans leurs maisons et affamés pendant les semaines de tirs à l’arme lourde et d’insécurité totale dans tous les quartiers, alors que les structures de soins et les pharmacies sont fermées, laissant les urgences, les blessés par balles, y compris les enfants, les femmes enceintes et les accouchées, les femmes et filles violées dans le désespoir le plus absolu.
A la mi-avril, les médias rapportent les propos du CICR et de l’ONU : alors que la communauté internationale a pris la mesure de ce qui se passe à l’ouest du pays, elle découvre une situation humanitaire « dramatique » à Abidjan. Il n’y a plus de provisions, et pas de médicaments.
Quelles interventions s’ensuivent ? Que fait le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), à part constater ? Les bailleurs de fonds ont-ils répondu à l’appel qui leur a été adressé le 7 mars ? Qu’ont préparé le Programme Alimentaire Mondial, l’Organisation Mondiale de la Santé, l’ONUSIDA pour faire face à la situation? MSF poursuit son travail de fourmi. Sommes-nous seuls à nous demander quelles réponses sont, ou seront, apportées? Silence radio. Silence presse. Silence ONU. Silence Monde. Une éternité pour ces hommes et ces femmes qui se demandent jour après jour si vraiment personne dans ce monde ne se préoccupe de leur sort. Puis vient l’arrestation de Laurent Gbagbo.  Pendant plusieurs jours les échanges médiatisés porteront toujours sur le niveau politique de l’événement, puis sur le plan économique avec l’annonce de la levée des sanctions par l’Union européenne.
Les enfants vont-ils faire une année blanche ou repartir à l’école ? Le redémarrage du système bancaire ivoirien va demander plusieurs semaines. L’économie sera relancée en plusieurs mois, voire plusieurs années. Pendant que la réponse humanitaire n’est pas commencée sur le terrain, les institutions internationales passent directement à la phase suivante: dès la chute de Laurent Gbagbo, la Banque mondiale appelle la communauté internationale à financer la « reconstruction du pays ».
L’Union européenne répond présent pour 180 millions d’euros. La France met 400 millions d’euros sur la table qui devraient être affectés en priorité au paiement des salaires des agents de sécurité (Le Monde du 14 avril). La reconstruction est-elle possible si l’élémentaire continue de manquer ?
D’ici là, aujourd’hui et demain, alors que les pillages et les « ratissages » se poursuivent et que les tirs reprennent à Yopougon ce vendredi 15 avril, les populations peuvent-elles se nourrir, de soigner, les médicaments être livrés, les centres de santé ouvrir, les personnels de santé rejoindre leurs postes ? Le 14 avril c’est Action contre la Faim, qui intervient jusque là pour l’essentiel dans l’ouest du pays, qui annonce une aide alimentaire à Abidjan.
Quand les populations seront-elles servies sur place, et comment feront-elles en attendant dans la capitale : « on ne mange pas tous les jours, parfois on mange un repas par jour». La situation sanitaire dans la capitale est telle que la crise alimentaire et le risque épidémique nous défient.
Combien de temps faudra-t-il encore aux pays riches pour prendre conscience que le peuple ivoirien attend d’eux une aide humanitaire urgente et massive concrète pour manger, boire, se soigner, repartir à l’école et reprendre ses activités?
En conclusion
Qu’elle provienne des hommes politiques, des administrateurs des grandes organisations internationales, ou des journalistes, la situation abidjanaise a été  analysée et retransmise pendant tous ces derniers mois dans ses dimensions politique, militaire, aujourd’hui économique. Il n’est pas, ou beaucoup trop peu, et beaucoup trop tardivement, question des personnes qui subissent le drame dans leur chair, des réalités sanitaires et sociales quotidiennes de la vie des habitants. La santé n’est pas une priorité politique, nous le savions. Les réalités sont lointaines et interprétées, atténuées, édulcorées.
Il serait intéressant de compter le nombre de fois où l’expression « au bord de » (au bord de la guerre civile, au bord de la crise humanitaire, etc.) a été employée par ces mêmes hommes politiques, administrateurs et journalistes, alors même que le pays et la capitale étaient effectivement plongés dans la guerre, alors même que durait sous nos yeux une crise alimentaire, sanitaire et humanitaire d’une ampleur sans précédent en milieu urbain sur le continent africain.



La déshumanisation de l’analyse politique : pourquoi
avons-nous tant de mal à voir là-bas des enfants, des femmes et des hommes?
Si nous tentons de comprendre pourquoi il a fallu que la capitale sombre dans la guerre pour que les médias donnent le micro à des habitants, toute une série de questions nous submergent :
La Côte d’Ivoire, qui a longtemps été le pays phare de toute l’Afrique de l’ouest, a-t-elle su donner le change au point de masquer son appauvrissement considérable depuis vingt ans et d’interdire notre compréhension des réalités sociales et sanitaires du pays dans les années 2000?
Les journalistes n’ont-ils pu travailler qu’à Abidjan ? La situation était-elle plus dangereuse ailleurs dans le pays pour ces reporters aguerris? En quoi ?
S’agit-il d’un fait conjoncturel ? L’actualité internationale, énorme au cours de la période, a-t-elle limité l’attention portée à la Côte d’Ivoire dans les premiers mois? Pouvions-nous être sur tous les fronts à l’international (monde arabe, Moyen-Orient et Japon en plus de toute l’actualité mondiale). Intervenir en même temps dans toutes les régions de Côte d’Ivoire ? Sommes-nous, hommes politiques et élus, personnels humanitaires des ONG, administrateurs des grandes institutions,  assez nombreux sur ces thématiques pour tout couvrir, répartir nos envoyés spéciaux, nos experts, nos médecins? Sinon, pourquoi? Quelles leçons devrons-nous tirer de ces incapacités s’il en est?
Certaines des questions ont trait à la toile de fond de la coopération: reconnaître ces réalités nous obligerait, au moins moralement, à y répondre. Le voulons-nous, le pouvons-nous? En retirant l’expertise long terme de la coopération française (assistants techniques, chercheurs, etc.) n’avons-nous pas aujourd’hui une connaissance seulement théorique et datée, dépassée, des réalités africaines ?
L’opinion française ou européenne est-elle sensible ? Avons-nous conscience des souffrances endurées par ces hommes et de ces femmes? Eprouvons-nous encore de la compassion pour les Africains, inondés que nous sommes d’images sordides de massacres desquelles nous nous protégeons ? L’Afrique nous intéresse-t-elle toujours si nous en recevons toujours les mêmes relents de scandales obscurs de la Françafrique, au lieu de nous intéresser aux dynamismes, aux promesses, à l’avenir, aux contributions positives et constructives qui émergent du continent?
Ou bien est-ce que la représentation des Africains que notre société cultive se réduit à celle d’une image d’immigrant menaçant ?
Que retenir pour l’avenir ?
De la même façon que des systèmes d’alerte et de surveillance épidémique sont mis en place, il s’agit de concevoir des dispositifs d’alerte sentinelle de la situation humanitaire et de l’information de populations des régions en situation d’instabilité politique et économique, afin de répondre précocement aux constats ainsi détectés.
De toute évidence la Côte d’Ivoire ne se reconstruira pas sans une aide internationale massive à la reconstruction sanitaire et sociale avant tout. Ces dimensions doivent être des priorités absolues nationales, régionales et internationales, de l’aide immédiate et de la reconstruction. Les fondations du développement reposent sur les piliers de la santé et du développement social. N’oublions pas que la plus grande partie de la population a moins de 30 ans. Il s’agit d’éduquer, de former, d’instruire, de soigner, de donner des emplois à ces jeunes. Le pays a la chance d’avoir une récolte prometteuse de cacao cette année, et de pouvoir compter a priori sur des ressources financières nationales pour y contribuer.
Du côté de la France, cessons d’insulter et d’imprégner toutes les formes de coopération du spectre de la Françafrique: la coopération sanitaire française a été un secteur exemplaire de la coopération française jusque dans les années 2000, dont les instituts de recherche ont fait partie tels l’Institut Pasteur, l’Agence nationale de recherche sur le sida et l’Institut de recherche pour le développement. Dans les années 2000 les hommes politiques privilégient le financement des fonds mondiaux plutôt que l’aide bilatérale. Il s’agit d’équilibrer le recours à ces instruments.
Cessons d’entretenir une vision financière du développement. Des hommes et des femmes doivent être mobilisés aussi, et travailler sur le terrain, c’est le fondement même de la co-opération. Les jeunes sont prêts en Europe à se donner à leur tour.
Le continent africain va compter près de deux milliards de personnes en 2050. Il est capital de discerner politique de développement et politique d’immigration : elles ne relèvent pas des mêmes objectifs, expertises et moyens. La confusion des genres nuit aux images. L’homme n’est pas une image ou une représentation. Il s’agit de répondre à des réalités.


L’Egypte en transition…
Posted: 02 May 2011 01:51 PM PDT
Suite à la démission du président Hosni Moubarak, le 11 février dernier, au profit du haut commandement militaire, ce dernier a suspendu la Constitution, dissout les deux Assemblées, et annoncé qu’il assurerait la transition vers un pouvoir civil élu démocratiquement. Depuis, l’armée semble soumise à des pressions contradictoires, entre soutien à la contre-révolution et concessions aux manifestants de la place Tahrir.
Ainsi, si une manifestation est violemment dispersée le 25 février, l’armée s’en excuse dès le lendemain sur sa page Facebook. Moins d’une semaine plus tard, le 3 mars, le premier ministre Ahmad Shafiq donne sa démission. Il est remplacé par un civil, Issam Sharaf, qui avait pris part aux manifestations de janvier.
Le 8 avril, d’importantes mobilisations ont lieu sur la place Tahrir pour exiger l’inculpation du président déchu et de sa famille. Pendant la nuit, l’armée tente de faire évacuer la place par la force, causant deux morts. On voit à cette occasion se répéter le schéma qui avait prévalu quelques semaines plus tôt ; après la répression viennent les concessions. En effet, le 13 avril, l’ancien président et ses deux fils sont placés en détention, sous l’accusation de détournement de fonds.
Le flou quant aux intentions de l’armée a des effets sur l’évolution des règles censées présider aux élections parlementaires et présidentielles de l’automne prochain. Ainsi, le 19 mars, 7 amendements de la Constitution modifiés par une commission ad hoc sont soumis à référendum. Mais le 30 mars, l’armée proclame une Constitution transitoire comportant 55 articles supplémentaires. Le même jour, on apprend que la commission en question a également modifié la loi sur les partis, dans un sens facilitant la création de ces derniers.
Enfin, l’armée annonce que les élections parlementaires auront lieu en septembre, et pas en juin comme prévu précédemment. Cette dernière annonce a pour but de répondre aux préoccupations des partis démocratiques d’opposition, qui demandaient plus de temps pour s’organiser afin d’être capable de faire face aux deux principales forces de la scène politique égyptienne : le PND et les Frères musulmans.
Ces derniers ont annoncé très tôt la future création d’un parti, le parti de la justice et de la liberté qui, conformément à la loi, sera ouvert aux femmes et aux chrétiens. De son côté, le PND, après avoir été dissout par décision de justice le 17 avril, a dû également faire face à une scission, puisque son président et son secrétaire général ont chacun annoncé leur intention de déposer une demande de création de parti.
Enfin, si les Frères musulmans n’ont pas l’intention de présenter de candidats à la présidentielle, un dissident de la Confrérie pourrait bien se porter candidat en la personne de Abul Futuh. Le néo-nassérien Hamdin Sabahi a de son coté commencé à mener campagne au nom du parti Karama. Ils affronteront les deux favoris : l’ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique Muhammad Al-Baradei, et le secrétaire général de la Ligue arabe, Amru Mussa.
Les élections présidentielles devant se dérouler « un mois ou deux » après les échéances parlementaires, la question la plus importante pour l’instant est celle du mode de scrutin retenu pour organiser ces dernières. Le haut commandement militaire pourrait se laisser convaincre par les partis d’opposition d’y introduire une dose de proportionnelle, afin d’en finir avec un mode de scrutin qui avantage les hommes de l’ancien régime, ainsi que la seule organisation capable de les affronter dans les circonscriptions, celle des Frères musulmans.
Enfin, comme il est question de rédiger et de promulguer une Constitution définitive lorsque le président et le Parlement auront été élus, les débats institutionnels sont amenés à prendre une place centrale dans la campagne électorale qui débute actuellement.
Le Blog de Clément Steuer pour suivre les événements politiques en Egypte

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    Monday, May 2, 2011

    THIS IS ELECTION DAY FOR ALL CANADIANS!









    HeLLO! It is rainning now in Ottawa, just a good sign for you and me.
    Democracy my right invite you to go out and cast your vote. Vote for a better life, vote for democracy.
    Defeat dictatorship, vote for a better Canada. Canada, we dream about, Canada we love.
    Long life to Canada, long life to democracy!
    Me, I casted my vote early and I am very happy. This is the second time I am voted freely, which joyce!
    Durant 37 days, we had listened everything from candidates. Good practice of democracy!
    Young people, old and seniors, men and women, let us vote for a better Canada!
    I was listening to one radio station, one guy was saying that if you do not vote, you will get a charge from Canada Election! Ha!Ha! May be a ticket from Police...I do not know!

    Sunday, May 1, 2011

    KO on the ice tomorrow play offs! The winner will be democracy for Canadians!











    DeeofOttawa

    1:47 PM on May 1, 2011
    This comment is hidden because you have chosen to ignore DeeofOttawa. Show DetailsHide Details
    The Conservatives are right to panic. For five years their allegedly good fiscal management and corporate gifts have led to the largest deficit in Canadian history. And as much as you wish we are all blind fools and stupid enough to reelect you, we're onto you, Steve. All the corruption, all the contempt for parliament and all the lies are your legacy. Congratulations on a job well done. But the time has come to bid you and your ilk adieu and I for one will do so with great pleasure!


    Read more: http://www.ottawacitizen.com/news/decision-canada/Leaders+final+push/4705544/story.html#ixzz1L7oP2ziI

    DEMOCRACY WILL WIN DICTATORSHIP!













    Côte d’Ivoire
    Laurent Gbagbo sera auditionné mercredi 4 mai

    Les auditions de près de 200 personnalités du régime de Laurent Gbagbo commenceront mercredi 4 mai a annoncé Jeannot Kouadio Ahoussou, le ministre de la justice du gouvernement d’Alassane Ouattara. L’audition de l’ancien chef de l’état Laurent Gbagbo devrait avoir lieu dès le premier jour et les auditions de l’ensemble de ses proches se tiendront jusqu’au mois de juin précise RFI. L’objet des auditions portera sur la responsabilité de chacun dans les évènements de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. Par contre, les "crimes contre l’humanité" relèvent pour leur part de la Cour Pénale Internationale. - Dimanche 1er Mai 2011 - 13:09


    R.D.C.
    La présidentielle fixée au 28 novembre en RDC

    L’élection présidentielle en Republique Démocratique du Congo, à un seul tour, a été fixée au 28 novembre 2011, en même temps que l’élection des députés nationaux a annoncé la Ceni, Commission électorale nationale indépendante. - Dimanche 1er Mai 2011 - 10:12