Monday, January 7, 2013

Lu pour vous


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From: maurice collin <mauricecollin@hotmail.com>
Date: Wed, 26 Dec 2012 06:04:00 +0000
Subject: de Maurice; déclaration sur le Kivu

Qui ne dit rien consent.

Nous ne pouvons qu'approuver et faire connaitre cette déclaration.

Bien vive sympathie.
Maurice


"Au Kivu, on viole et massacre dans le silence"

LE MONDE | 25.12.2012 à 14h16 • Mis à jour le 25.12.2012 à 17h54 Par Muhammad Ali, Yamina Benguigui, Jacques Chirac, Abdou Diouf, Valérie Trierweiler

A l'est de la République démocratique du Congo (RDC), soit au coeur de l'Afrique, cette région est l'une des plus belles du monde. Autour d'un lac, des cultures montent en terrasses jusqu'au sommet des collines. Eau, soleil, terres fertiles, le Kivu aurait tout pour vivre heureux.

Hélas pour lui, son sous-sol regorge de matières premières. Principalement la cassitérite, un minerai dont on tire l'étain. Mais aussi le coltan, autre minerai recherché. Et bientôt le pétrole, qui vient d'être découvert. Attirées par ces richesses faciles, des bandes de mercenaires et de pillards de toutes sortes écument le territoire depuis des décennies et martyrisent les populations.
De temps en temps, des voix s'élèvent. De temps en temps, le calme revient. Et puis recommence le silence. Et reprennent les viols et les massacres. Pour tenter de limiter ces atrocités, l'ONU a envoyé sur place, en 1999, une force de paix qui compte aujourd'hui dix-sept mille soldats. Rappelons que ces dix-sept mille casques bleus y sont au nom de la communauté internationale, c'est-à-dire en notre nom.
Mais, faute d'application réelle de son mandat pour intervenir, ces dix-sept mille soldats regardent et constatent. L'horreur, ces derniers jours, a franchi un nouveau degré. Des escadrons, dont le groupe baptisé M23, font des incursions à Goma et sèment la terreur dans sa périphérie. Ils portent de beaux uniformes et brandissent des armes neuves.
 
 
D'où viennent-ils ? Ils ravagent et ils tuent. Et ils violent. Ils violent par centaines de milliers les femmes et les enfants pour terroriser la population. Ils violent pour détruire. Ils violent pourarracher à jamais les identités. Et les enfants qu'ils n'ont pas massacrés, ils les enrôlent de force.
Et, pendant ce temps-là, les dix-sept mille soldats de la Mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco) attendent une résolution du Conseil de sécurité qui leur permettrait d'agir. Connaissez-vous le Kivu ? Un drame s'y joue. En ce moment même. Avec déjà des millions de morts et d'autres millions de vies dévastées.
Un drame que la communauté internationale pourrait arrêter. A l'instant. Il lui suffirait dedonner l'ordre aux dix-sept mille soldats de faire leur métier et de remplir leur mandat. Leur métier de soldat. Et leur mission de garantir la paix et la dignité de l'espèce humaine.
Signataires : Muhammad Ali, fondateur du Muhammad Ali Center ; Robert Badinter, ancien président du Conseil Constitutionnel ; Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie ;Jacques Chirac, ancien Président  de la République Française et président de la Fondation Jacques Chirac ; Rosario Dawson, comédienne ; Jonathan Demme, réalisateur ; Abdou Diouf,ancien Président de la République du Sénégal et Secrétaire Général de la Francophonie ; Eve Ensler, auteur et créatrice des V-Day ; Leymah Gbowee, prix Nobel de la paix 2011 ; Stéphane Hessel, ancien ambassadeur de France ; Angélique Kidjo, Chanteuse ; Claude Lanzmann,écrivain et réalisateur ; Federico Mayor, ancien directeur général de l'Unesco ; Denis Mukwege,gynécologue, prix des droits de l'Homme des Nations Unies ; Thandie Newton, comédienne; Erik Orsenna, écrivain, Atiq Rahimi, écrivain, Jean Christophe Ruffin, écrivain, Mahamat Saleh Haroun, réalisateur, Valérie Trierweiler, ambassadrice de la Fondation DanielleMitterrand
Muhammad Ali, Yamina Benguigui, Jacques Chirac, Abdou Diouf, Valérie Trierweiler
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Lu pour vous


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From: maurice collin <mauricecollin@hotmail.com>
Date: Wed, 26 Dec 2012 06:04:00 +0000
Subject: de Maurice; déclaration sur le Kivu

Qui ne dit rien consent.

Nous ne pouvons qu'approuver et faire connaitre cette déclaration.

Bien vive sympathie.
Maurice


"Au Kivu, on viole et massacre dans le silence"

LE MONDE | 25.12.2012 à 14h16 • Mis à jour le 25.12.2012 à 17h54 Par Muhammad Ali, Yamina Benguigui, Jacques Chirac, Abdou Diouf, Valérie Trierweiler

A l'est de la République démocratique du Congo (RDC), soit au coeur de l'Afrique, cette région est l'une des plus belles du monde. Autour d'un lac, des cultures montent en terrasses jusqu'au sommet des collines. Eau, soleil, terres fertiles, le Kivu aurait tout pour vivre heureux.

Hélas pour lui, son sous-sol regorge de matières premières. Principalement la cassitérite, un minerai dont on tire l'étain. Mais aussi le coltan, autre minerai recherché. Et bientôt le pétrole, qui vient d'être découvert. Attirées par ces richesses faciles, des bandes de mercenaires et de pillards de toutes sortes écument le territoire depuis des décennies et martyrisent les populations.
De temps en temps, des voix s'élèvent. De temps en temps, le calme revient. Et puis recommence le silence. Et reprennent les viols et les massacres. Pour tenter de limiter ces atrocités, l'ONU a envoyé sur place, en 1999, une force de paix qui compte aujourd'hui dix-sept mille soldats. Rappelons que ces dix-sept mille casques bleus y sont au nom de la communauté internationale, c'est-à-dire en notre nom.
Mais, faute d'application réelle de son mandat pour intervenir, ces dix-sept mille soldats regardent et constatent. L'horreur, ces derniers jours, a franchi un nouveau degré. Des escadrons, dont le groupe baptisé M23, font des incursions à Goma et sèment la terreur dans sa périphérie. Ils portent de beaux uniformes et brandissent des armes neuves.
 
 
D'où viennent-ils ? Ils ravagent et ils tuent. Et ils violent. Ils violent par centaines de milliers les femmes et les enfants pour terroriser la population. Ils violent pour détruire. Ils violent pourarracher à jamais les identités. Et les enfants qu'ils n'ont pas massacrés, ils les enrôlent de force.
Et, pendant ce temps-là, les dix-sept mille soldats de la Mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco) attendent une résolution du Conseil de sécurité qui leur permettrait d'agir. Connaissez-vous le Kivu ? Un drame s'y joue. En ce moment même. Avec déjà des millions de morts et d'autres millions de vies dévastées.
Un drame que la communauté internationale pourrait arrêter. A l'instant. Il lui suffirait dedonner l'ordre aux dix-sept mille soldats de faire leur métier et de remplir leur mandat. Leur métier de soldat. Et leur mission de garantir la paix et la dignité de l'espèce humaine.
Signataires : Muhammad Ali, fondateur du Muhammad Ali Center ; Robert Badinter, ancien président du Conseil Constitutionnel ; Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie ;Jacques Chirac, ancien Président  de la République Française et président de la Fondation Jacques Chirac ; Rosario Dawson, comédienne ; Jonathan Demme, réalisateur ; Abdou Diouf,ancien Président de la République du Sénégal et Secrétaire Général de la Francophonie ; Eve Ensler, auteur et créatrice des V-Day ; Leymah Gbowee, prix Nobel de la paix 2011 ; Stéphane Hessel, ancien ambassadeur de France ; Angélique Kidjo, Chanteuse ; Claude Lanzmann,écrivain et réalisateur ; Federico Mayor, ancien directeur général de l'Unesco ; Denis Mukwege,gynécologue, prix des droits de l'Homme des Nations Unies ; Thandie Newton, comédienne; Erik Orsenna, écrivain, Atiq Rahimi, écrivain, Jean Christophe Ruffin, écrivain, Mahamat Saleh Haroun, réalisateur, Valérie Trierweiler, ambassadrice de la Fondation DanielleMitterrand
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Saturday, January 5, 2013

LU POUR VOUS!


2013 : RAPPEL DU DANGER, VIEUX MAIS TOUJOURS PRÉSENT, QUI GUETTE NOTRE PAYS, LA RDC.
Réflexions par Mulongeshi S. Kamatanda TSHIBWABWA




Le peuple congolais sait aujourd’hui qu’il a été et est trahi : trahi par ses élites politiques, trahi par les Tutsis ougandais que le Président Mobutu avait aidés dans la prise du pouvoir à Kampala, trahi par les Tutsis rwandais dont la majorité a bénéficié de son hospitalité légendaire, trahi par les multinationales qui, depuis la honteuse traite négrière et l’époque coloniale, ont bâti leurs grosses fortunes sur son sang et, enfin, trahi par le concert des nations réunies au sein de la non moins célèbre ONU dont pourtant son pays est membre à part entière. Aujourd’hui, nous pouvons donc affirmer, comme A. Kefler (Sept. 2012),  sans crainte d’être contredit, que ‘’le peuple congolais est un peuple sans alliés’’.
Partant de ce malheureux constat, les stratégies de 2012 doivent laisser la place aux nouvelles stratégies pour 2013. En effet, nous avons organisé des marches, nous avons fait des sit-in, nous avons bloqué l’accès aux bureaux et aux axes routiers importants afin d’attirer l’attention sur le génocide congolais, nous avons organisé des conférences et envoyé de nombreux mémos aux hauts responsables des pays et des institutions qui dirigent ce monde. Nous avons assuré une large diffusion des horribles images de nos mamans, nos sœurs, nos filles et petites-filles violentées, des enfants et adultes tués à l’arme blanche ou à l’arme de guerre, brulés, abandonnés le long des rues, dans les champs ou enfouis dans des fosses communes. Nous avons également assuré une très large diffusion de nombreux rapports des Experts de Nations Unies, des ONG, des MSF, tous œuvrant sur le terrain des hostilités. Nos cris, nos larmes, le sifflement du sang encore chaud des nôtres aspiré par le sol n’ont reçu qu’un silence assourdissant de la part de la communauté internationale, de la part des multinationales qui exploitent les ressources minières dans les zones de guerre, de la part des grosses compagnies destinataires des produits finis du coltan, du diamant, de l’étain, de l’or, etc.
Face à cette situation, nous avons pris l’initiative de rappeler à nos compatriotes les raisons pour lesquelles notre peuple est soumis à une souffrance indescriptible, unique dans l’histoire de l’humanité et qui en sont les responsables.

1. Quelles sont les conséquences de la guerre injuste imposées au peuple congolais?
Les conséquences sont énormes :
a)- Sept millions de morts directs et indirects. C’est plus que le fameux génocide rwandais qui a servi et sert encore de prétexte à l’armée rwandaise et son chef pour continuer à occuper une partie de notre territoire; c’est plus que le génocide juif, c’est plus que le génocide arménien, c’est plus que le génocide kurde,… C’est, finalement, plus que tous ces génocides réunis!
b)- C’est autant des déplacés, vivant dans des camps de fortune montés par les humanitaires sur la terre de leurs ancêtres;
d)- C’est autant d’enfants dont l’avenir est à jamais compromis;
e)- C’est autant des maisons, industries, biens de toutes sortes détruits ou volés par les occupants;
f)- C’est autant d’espèces animales et végétales uniques au monde tuées ou emportées pour la vente ou pour remplir les parcs des pays occupants;
g)- C’est l’écologie générale de la région qui a été transformée;
h)- C’est l’occupation des terres de nos ancêtres par les membres de l’ethnie Tutsi;
i)- C’est l’exploitation, sans compensation aucune, de nos richesses du sol et du sous-sol, etc.
j)- Enfin, ce sont des centaines de milliards de dollars US privés à l’État congolais, volés à chaque invasion dans les banques, les sièges des compagnies, les commerces et ceux issus de la vente frauduleuse des minerais, du bois et des produits agricoles, etc. (C’est avec cet argent que Paul Kagamé construit le Rwanda).
2. Qui sont les responsables de la guerre qui sévit à l’Est du Congo depuis plus de 10 ans et de la situation chaotique du pays en général?
a)- L’Armée Patriotique rwandaise et les Tutsis sous la direction du Président rwandais Paul Kagamé;
b)- L’armée ougandaise et les Tutsis sous la direction du Président ougandais Yoweri Museveni;
c)- Les compagnies et groupes financiers qui exploitent les richesses minières de la R.D. Congo;
d)- Certaines élites politiques congolaises et certains hommes et femmes d’affaires congolais, tous complices et collaborant avec les occupants.

3. Quelle est la stratégie utilisée par Paul Kagamé et son armée pour infiltrer les institutions congolaises par des sujets tutsis rwandais?
a)- Au cours de la deuxième République (Zaïre) avec le Président Joseph-Désiré Mobutu
L’infiltration a été facilitée par M. Bisengimana Rwema, un Tutsi, ancien directeur du bureau du Président Mobutu. Pendant cette période, de nombreux Tutsis furent nommés à la tête des entreprises de l’État et dans leurs conseils d’administration, dans l’administration territoriale, dans la fonction publique, etc.
b)- À la naissance de la troisième République avec le Président Laurent-Désiré Kabila
Après avoir fait tomber le pouvoir de M. Mobutu, les Tutsis rwandais sous la direction du Président Paul Kagamé, avec un groupuscule des Tutsis réfugiés au Congo se faisant appeler Banyamulenge depuis 1977, dévoilèrent leur agenda caché; ils firent main basse sur l’appareil étatique : la police, l’armée, les services de renseignement, les entreprises étatiques, etc. Le gouvernement rwandais déversa une partie du trop plein de sa population dans le Sud et le Nord Kivu afin d’occuper le terrain laissé libre par les populations soit assassinées soit ayant fui la guerre. Mais plus grave, le Général James Kabarebe, actuel Chef d’État-Major de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) est nommé Chef d’État-Major de l’Armée Nationale Congolaise, achevant ainsi le travail d’infiltration des officiers et soldats rwandais dans l’appareil de sécurité du pays. Lorsque le Président Laurent-Désiré Kabila s’en rendit compte, il mit fin à leur deal. Il paya le prix fort pour cela : il fut assassiné!
c)- À l’avènement du Président Joseph Kabila Kanambe
On ne sait toujours pas par quelle magie Joseph Kabila arriva au pouvoir après l’assassinat de son père, L.D. Kabila. On assista à de nombreux pourparlers entre de nombreuses milices armées qui s’étaient engagées dans la guerre : AFDL (1996), RCD, CNDP, MLC, MAI-MAI, etc. Les accords de Pretoria aboutirent à une autre période d’infiltration dans l’armée. À titre d’exemple, on peut citer (les personnes nommées ci-dessus sont encore en service ou ont été remplacées par d’autres Tutsis):
- le Général Obed Rwabasira : Commandant de la région militaire de Goma;
- Colonel Mutebusi, Commandant des bataillons Banyamulenge dans la plaine de la Ruzizi, il est cousin de l’ancien vice-président Azarias Ruberwa, Tutsi, dans l’odieuse formule1 + 4;
- Général Laurent Kundabatware, officier de renseignement de l’APR, est nommé Commandant  du RCD-Goma, puis Commandant de la région militaire du Nord-Kivu; puis remplacé par le Général Bosco Ntaganda;
- Général Buki, Tutsi par sa mère, est nommé Commandant des Forces Terrestres de l’armée congolaise, il est le protégé de James Kabarebe;
- Général Malick, Commandant d’État-Major chargé de la logistique;
- Général Amisi, alias Tango-Tango, ancien milicien de RCD de Ruberwa, jusqu’il n’y a pas longtemps Chef d’État-Major de la Force Terrestre des FARDC;
- Colonel Mustapha, Commandant de la région militaire de Bandundu, avec comme adjoint, son propre cousin! Etc.
En examinant les différentes guerres injustes imposées à nos populations dans la province Orientale, dans les provinces du Nord et Sud-Kivu ainsi que dans le Nord du Katanga, on peut relever la stratégie de l’APR: créer un mouvement politico-militaire, envahir une partie de l’Est du Congo, implanter ses ressortissants civiles dans les zones enviées (particulièrement Minembwe, territoire créé de toute pièce pour accueillir les Tutsis, assouvir la soif d’annexion de M. Kagamé), négocier avec le gouvernement congolais affaibli (ou complice?), puis infiltrer ses officiers supérieurs et soldats dans les structures de l’armée et de l’administration congolaises. Ce mécanisme semble bien rodé maintenant et le seigneur de Kigali ne s’en prive pas!
d)- Depuis avril 2012, l’hydre de Kigali a engendré une nouvelle tête dénommée M23. Ce mouvement d’émanation du pouvoir rwandais, applique la même stratégie décrite ci-dessus. Les responsables du M23 sont à l’étape des négociations avec le gouvernement de Kinshasa à…Kampala! Mais qui sont ces M23? Ce sont des jeunes tutsis ‘’banyamulenge’’ formés à Kigali et armés par l’APR de Paul Kagamé. Leurs officiers sont d’origine tutsie, tous  membres des milices du Congres National pour la Défense du Peuple (CNDP) et du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD). L’un de leurs leaders, le Général Sultani Makenga, est l’ancien aide-de-camp du Général Tutsi rwandais Laurent Kundabatware. Ils ont été mixés puis révoqués des Forces armés de la RDC (FARDC) pour refus de rejoindre leurs lieux d’affectation
4. Quels sont les objectifs poursuivis par Paul Kagamé, Yoweri Museveni et leurs armées?
a) – Épuiser le peuple congolais afin de s’assurer le contrôle de tout le pays;
b)- Créer, avec le concours de tous les Tutsis et sous le regard complaisant de la communauté internationale et de l’ONU, une colonie de peuplement (Tutsiland) dans les provinces du Nord et Sud Kivu et s’assurer l’exploitation des richesses du sol et sous-sol de ces deux provinces;
c)- Atteindre l’étape ultime de ces opérations : la mort (=balkanisation) du Congo en tant qu’État souverain, unitaire et ouvrir la voie à l’exploitation sauvage des immenses richesses de chaque nouveau territoire ;
c)- Protéger, par leurs armées et polices, les intérêts des Multinationales et groupes mafieux qui exploitent frauduleusement les richesses minières dans l’Est du Congo et dans le reste du pays.
Tout observateur attentif a déjà remarqué que certains de ces objectifs ont été déjà soit à moitié ou entièrement atteints. C’est là le danger qui nous guette! Nous avons affaire à des ennemis mortels.
5. Quelles sont, en 2013, les nouvelles stratégies pour libérer le Congo?
Il est impérieux de nous réveiller, d’unir nos forces en 2013, d’enterrer nos petits problèmes internes, d’essuyer nos larmes, d’éviter nos réactions épidermiques mais d’analyser froidement la situation afin de faire ressortir d’abord les causes imputables à nous-mêmes et les moyens pour les corriger, puis les causes imputables aux ennemis de notre peuple et leurs complices et les moyens ainsi que les ressources pour les éradiquer.  Les femmes et les hommes d’action, les jeunes et les moins jeunes devront se mettre à table pour discuter de ces nouvelles stratégies. Ces dernières ne seront pas mises sur Internet comme en 2012 car vous ne connaissez pas tous ceux qui partagent vos listes.
‘’Nos adversaires ne sont pas plus forts que nous, mais simplement plus déterminés’’.
Et, ne l’oublions pas, le Rwanda, aujourd’hui surarmé et soutenu par certains pays occidentaux et leurs hommes d’affaires, est plus petit que la ville de Likasi!
Bonne et heureuse année à tous.

Friday, December 14, 2012

Lupour vous!


Et si la guerre du Kivu nuisait aux Tutsis congolais plus qu’elle ne leur profite ? Interview avec Enock Ruberangabo, président national a.i. de la communauté Banyamulenge


Le M23 est vu par l’immense majorité des congolais et de nombreux observateurs comme le successeur, voire la « réplique », le « déguisement »pur et simple du CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple), qui a toujours eu comme credo la défense de la « minorité Tutsi congolaise », tout comme, avant lui, le RCD (Rassemblement Congolais pour Démocratie) et, dans une certaine mesure, l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Zaïre). L’agenda du M23, sa direction et son background ont vite fait d’intégrer dans cette arènepolitico-identitaire la guerre lancée par ce mouvement depuis le début de cette année. Mais les Tutsis congolais trouvent-ils en réalité leur compte dans cette guerre ? L’allégeance aux Tutsis au pouvoir au Rwanda par des politiciens et des officiers Tutsis congolais, le recours aux armes et à la violence au nom de la communauté Tutsi congolaise, servent-ils réellement la cause de cette dernière ? La réponse à ces questions et à beaucoup d’autres qu’elles induisent valent leur pesant d’or pour quiconque voudrait mieux appréhender les vraies dynamiques des guerres répétitives à l’Est de la RDC.
Enock Ruberangabo Sebineza, 54 ans, est le président ad interim de la communauté Banyamulenge (SHIKAMA) de la République Démocratique du Congo. Licencié en géographie de l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP/Bukavu), ce notable Tutsi congolais assume depuis plusieurs années déjà d’importantes responsabilités tant dans sa province d’origine du Sud-Kivu qu’au niveau national. Il était notamment l’un des délégués de la société civile du Sud-Kivu au dialogue intercongolais, avant de siéger comme député national au parlement de transition (2003-2006). Il a aussi été Président du Conseil d’administration de la Société Sidérurgique de Maluku, à Kinshasa. Ceux qui le connaissent bien disent de lui que c’est un homme sincère, sage et respectable. Son franc-parler lui a valu parfois des incompréhensions de la part de ses interlocuteurs qui le traitent d’homme dur et opiniâtre. Mais, au sein de l’opinion dans les deux Kivu, il est surtout considéré comme faisant partie des modérés et des réfléchis.
A la veille du début, à Kampala en Ouganda, du « dialogue », entre la rébellion du M23 et le gouvernement congolais – « dialogue » auquel il a été convié en tant que représentant de leader de la communauté Banyamulenge –, nous l’avons approché pour avoir sa lecture de la situation, ainsi que, globalement, la position de la communauté Banyamulenge vis-à-vis de la crise actuelle dans les Kivus.
Jean-Mobert N’senga (J.M.) : Monsieur Enock Ruberangabo, le M23 prétend entre autres choses militer pour les droits des Tutsis congolais, et notamment pour l’éradication des génocidaires Hutu rwandais, en vue de permettre le retour des réfugiés Tutsis congolais réfugiés au Rwanda, depuis plusieurs années pour certains. Qu’en pensez-vous ?
Enock Ruberangabo (E.R.) : D’emblée, je vous dirais que l’on se sert tout simplement du nom des Tutsis congolais pour justifier des choses autrement injustifiables. Nous, les Banyamulenge, nous nous sommes opposés à cette guerre dès le début, comme nous nous étions opposés à celle du CNDP de Laurent Nkunda. Comment voulez-vous que l’on prétende lutter pour le retour de cinquante mille, disons même de cent mille réfugiés, alors qu’on provoque simultanément le déplacement du double, du triple, peut-être même du quadruple de ce nombre ? Comment peut-on prétendre servir une communauté alors qu’on accentue le ressentiment et le rejet à son égard parmi d’autres populations ? Ces réfugiés Tutsis qu’on veut voudrait rapatrier ont besoin de vivre avec leurs frères d’autres communautés, de s’entendre avec eux, de se réconcilier. Or, la violence et la guerre ne peuvent qu’exacerber la haine et l’exclusion, susciter le goût de la vengeance, etc.
J.M. : Qui est-ce qui a intérêt à se servir du nom de la communauté Tutsi congolaise, comme vous le dites ? Si l’on s’en tient à guerre que mène le M23, à qui profite-t-elle en fin de compte ?
E.R.: Ah ! Je ne veux citer personne. Mais ce qui est certain c’est qu’il y a des individus qui prétendent lutter pour la cause des Tutsis alors qu’en réalité ce sont leurs petits intérêts individuels qu’ils défendent. Il y a aussi des pays étrangers, comme le Rwanda qui instrumentalise nos problèmes pour ses propres intérêts. Et tout ça retombe sur le dos de toute la communauté qui ne gagne absolument rien dans ces guerres à répétition.
J.M. : Donc la guerre dans le Kivu n’a jamais été une affaire de la communauté Tutsi congolaise ou des Banyamulenge, en tant que tels ?
E.R. : Je n’ai pas dit cela. Ce que je dis, c’est que la guerre du M23, comme celles qui l’ont précédée ces dernières années, ne sont pas profitables aux Tutsis congolais, et que ceux qui la mènent ont tort de vouloir la présenter comme celle de toute une communauté alors qu’en réalité elle a d’autres causes, d’autres finalités, que les aspirations de ladite communauté. Si vous rentrez un peu dans l’histoire, on a tenté de nous dénier la nationalité, en indiquant le Rwanda comme notre patrie. Mais en ce qui concerne les Banyamulenge, il y a plusieurs générations qui n’ont jamais eu pour autre patrie que le Congo ; qui ne connaissent pas la moindre colline du Rwanda, n’y ont pas le moindre lien de parenté connu. La guerre de l’AFDL de 1996 (dont j’ai participé à la rédaction de ses premiers textes de création) a été qualifiée de « guerre des Banyamulenge ». Ce qui est vrai et faux à la fois. Vrai parce que les Banyamulenge s’y sont réellement investis avec l’espoir qu’avec le renversement du régime de Mobutu qui leur reniait leur citoyenneté, leur problème pourrait trouver une solution. Rappelez-vous que les Banyamulenge venaient à peine d’être officiellement déclarés étrangers le 28 mai 1995, dans une Résolution du HCR-PT (Haut Conseil de la République-Parlement de Transition, ndlr). Faux, parce que les Banyamulenge n’étaient pas les seuls à en vouloir à Mobutu. Tout le monde était fatigué de son régime ; la communauté internationale ne voulait plus de lui, les pays voisins non plus. En particulier le Rwanda, qui voyait se concentrer à sa frontière l’armée défaite de Habyarimana ainsi que les miliciens Interahamwe. Pour le Rwanda, le démantèlement des camps des réfugiés était une priorité absolue, pour sa propre sécurité. Il y avait donc convergence d’intérêts, dont celui des Tutsis congolais n’est qu’une composante. Cependant, à l’aube même de cette guerre, la nuit du 23 au 24 décembre 1996, il va apparaître de sérieuses divergences entre les Banyamulenge et le Rwanda. Ce dernier avait, au cours de cette réunion tenue à Butare au Rwanda, et à laquelle j’avais personnellement été convié, exprimé son intention de faire partir toute notre communauté et de réinstaller nos familles à Kibuye au Rwanda, sous le prétexte de leur éviter les représailles par les autres communautés. Nous nous sommes farouchement opposés à cette déportation/expulsion vers le Rwanda. L’idée nous semblait être du même ordre que celle du régime de Mobutu de nous expulser de notre terre au motif que nous n’étions pas des congolais. A l’époque déjà, notre refus d’obtempérer à ce plan n’avait pas plu aux autorités rwandaises, et je pense qu’elles ne nous l’ont jamais pardonné. Cette histoire tumultueuse entre nous et les rwandais a continué après l’arrivée de Laurent-Désiré Kabila au pouvoir, et même à l’époque du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, le Rwanda essayant toujours de se servir de nos enfants et de nos revendications.
J.M. : Quel est, selon vous, l’intérêt qu’a le Rwanda à continuer à créer ou soutenir des conflits en République Démocratique du Congo ?
E.R. : Mais, mon cher ami…, ça c’est une question qu’il faut poser aux rwandais eux-mêmes ! J’ai l’impression que pour les rwandais, une République Démocratique du Congo instable leur est plus avantageuse qu’en paix, réconciliée elle-même, et engagée sur la voie du progrès. Il y a probablement des motivations d’ordre sécuritaire : comme diviser les Tutsis congolais et fidéliser une partie d’entre eux en leur montrant qu’ils n’ont pas meilleur allié, meilleur défenseur de leurs intérêts que le Rwanda, de sorte que ses propres ennemis n’y trouvent un terrain de raffermissement de leurs forces pour déstabiliser le régime au Rwanda.
J.M. : Vous pensez aux officiers rwandais jadis proches de Kagame qui ont fait défection depuis 2010 ?
E.R. : Oui, bien sûr. Sauf qu’en plus des considérations d’ordre sécuritaire, il peut y avoir d’autres d’ordre économique, voire géostratégique. L’Est de la RDC est une région très riche en ressources naturelles dont le Rwanda a besoin pour son développement. Il y a de l’espace, et vous savez que le Rwanda est surpeuplé. Enfin, bref : ce ne sont pas les raisons qui manquent au Rwanda ou à d’autres pays pour déstabiliser le Kivu. Et se servir des revendications des Tutsis congolais, c’est un moyen bien facile…
J.M. : Et la menace FDLR ?
E.R. : Les FDLR, malheureusement, c’est devenu un fond de commerce, voire un faux prétexte pour le Rwanda, une attitude qui frise la banalisation du génocide des Tutsis. Elles ont commis pas mal d’exactions, c’est vrai. Mais contre tous les congolais. Je ne pense pas que les FDLR constituent actuellement une menace sérieuse contre la sécurité du Rwanda, surtout que la RDC s’était engagée à la neutralisation conjointe de ces forces négatives mais que le M23 créé par le même Rwanda est venu arrêter ce processus.
J.M. : Qu’est-ce qui prouve que les Banyamulenge sont contre la guerre et les immixtions du Rwanda ? Vous n’avez jamais fait rien qu’une déclaration publique pour dénoncer la guerre ou prendre des distances avec ceux de vos enfants qui seraient impliqués dans le M23…
E.R. : Je précise que nous sommes parmi les rares communauté du Nord et Sud-Kivu qui n’ont aucun membre dans cette pseudo-rébellion qu’est le M23. Toute la Communauté a rejeté ce projet initié par Kigali, elle est contre la guerre, et contre l’utilisation de nos revendications, du reste fondées, par le Rwanda. J’ai déjà eu à le dire plusieurs fois, c’est connu. Auparavant, j’avais publiquement dénoncé la guerre de Bukavu par Laurent Nkunda etJules Mutebutsi, etc. S’il y a, parmi nos frères politiciens, ceux qui gardent silence, cela ne veut pas dire forcément qu’ils cautionnent la guerre du M23. Ceux qui ont un jour ou un autre travaillé avec le Rwanda ont gardé en eux une sorte de peur noire vis-à-vis de ce pays, et cela explique peut-être leur réserve. Mon franc-parler à moi me vaut souvent des incompréhensions, ce qui est aussi parfois normal. Les gens pensent que je suis suicidaire. Rappelez-vous par exemple le plan du M23 de prendre la cité d’Uvira, vers le mois d’avril ou de mai. Eh bien, ce sont les militaires FARDC issus de notre communauté qui, bien sûr avec leurs compagnons d’autres communautés, ont fait capoter le plan du colonel Bernard Byamungu et qui ont fini par l’arrêter.
J.M. : Les conséquences de la violence permanente dans le Kivu sont incommensurables pour l’ensemble de la population dans son ensemble. Qu’en est-il en particulier pour les Tutsis congolais et les Banyamulenge ?
E.R. : Ecoutez, dans cette guerre les Tutsis sont doublement perdants. D’abord, nous subissons la guerre et la violence comme les membres des autres communautés : tueries et autres violations, déplacements, exile, pauvreté, etc. Ensuite nous subissons l’indexation du reste des 60 millions des congolais, qui nous désignent collectivement comme étant à la base de tous leurs malheurs : des accusations de toutes sortes, la méfiance, le mépris, la haine, et parfois même la violence, sont dirigées contre les Tutsis. Donc la guerre ne fait qu’empirer notre situation et notre condition. Elle entretient cette marginalisation que des gens prétendent combattre. L’allégeance de certains de nos frères (y compris des Hutu congolais, d’ailleurs) avec le Rwanda renforce malheureusement le sentiment parmi les autres communautés que nous ne sommes pas suffisamment des congolais, que nous complotons contre le Congo, etc. Or, il est toujours impossible pour le commun des gens de faire la différence entre les personnes qui sont individuellement à la base de ces choses, et la majorité des Tutsis ordinaires qui souvent n’ont rien à faire avec les intrigues politiciennes et militaires. Comment, dans ces conditions, espérer faire retourner cinquante mille réfugiés Tutsis sur leur terre ? C’est tout simplement satanique. Je ne sais pas si nos frères qui prétendent faussement défendre notre cause réalisent le tort qu’ils causent injustement à toute une communauté, alors même qu’ils savent que depuis la nuit des temps on a déjà diabolisé le Tutsi, et que la violence infligée aux autres communautés est vécue par elles comme une humiliation qui appelle la haine et la vengeance,…
J.M. : Avez-vous le sentiment que les craintes, les conditions, et la position des Banyamulenge sont partagées par les autres Tustis congolais, en particulier ceux du Nord-Kivu ?
E.R. : Malheureusement pas encore, sauf certains d’entre eux. Nos frères du Nord-Kivu sont moins enclins à marquer des distances avec le Rwanda, pour des raisons à la fois historiques et géographiques. Nous, nous sommes établis depuis très longtemps assez loin de ce qui était devenu plus tard la frontière avec le Rwanda, le Burundi, voire la Tanzanie d’où nos ancêtres seraient venus. Nous n’avons pratiquement plus de lien avec ce pays ; nous en sommes presque complètement coupés. Nos enfants qui ont aidé le FPR à prendre le pouvoir sont depuis retournés au Congo par l’AFDL. Tandis que pour le Nord-Kivu, les choses sont différentes. Il y a cette proximité géographique, qui fait que les cordons n’ont jamais été coupés avec le Rwanda. Ce qui est normal, d’ailleurs. Mais en plus, il y a comme une survivance de la féodalité ; une sorte de dépendance séculaire et de docilité de la part des Tutsis congolais du Nord-Kivu à l’égard de ceux du Rwanda, une allégeance. Du coup, nous devons nous faire à la fois à l’incompréhension de la part de nos frères Tutsis du Nord-Kivu, et aux soupçons permanents de la part de nos frères congolais des autres communautés.
J.M. : Monsieur Ruberangabo, vous avez été convié à assister aux pourparlers qui commencent bientôt entre le gouvernement congolais et le M23. Comment voyez-vous l’issue de cette crise ? Croyez-vous que quelque chose de consistant et de durable sortira de ce dialogue ?
E.R. : Je crois que l’évolution des discussions va imposer une issue, même inattendue. Mais de toute manière, la solution passera par ce que Kagame et Kabila conviendront, car Makenga et Runiga ne sont rien. Remarquez qu’il y a autant d’intérêts, autant d’agendas qu’il y a d’acteurs. Je ne pense pas qu’au sein du M23, Makenga poursuit le même but que Kamabasu Ngeve, ou que Runiga a les mêmes objectifs que Rucogoza. Pensez-vous vraiment qu’un type comme Runiga se bat pour la bonne gouvernance au Congo ? Que dire de la crédibilité d’un Kambasu Ngeve, qui passe constamment d’un camp à un autre ?
Propos recueillis à Munyonyo (Ouganda), le 6 décembre 2012, par Jean-Mobert N’senga
 
Zadain
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Tuesday, December 11, 2012

LA NATION D'ABORD!


Comite-Permanent-CENCO.jpgRéunis en session extraordinaire à Kinshasa, du 3 au 5 décembre 2012, pour examiner la situation sécuritaire qui prévaut dans leur pays, la RDC, le Cardinal, les Archevêques et Évêques membres du Comité permanent de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), par fidélité à l'unité nationale et à l'intégrité territoriale, ont appelé le peuple congolais à se lever pour sauver la patrie.
 
   
 Peuple congolais, lève-toi et sauve ta patrie
Fidélité à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale de la RD Congo
(cf. 1Ma 14, 35)
 
Message du Comité permanent de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO)  sur la situation sécuritaire dans notre pays
 
 
PRÉAMBULE
 
  1. Préoccupés par la montée des violences dans l’Est de notre pays, violences qui ont culminé dans la prise de la ville de Goma par les rebelles du « Mouvement du 23 Mars 2009 » (M23), Nous, Cardinal, Archevêques et Évêques membres du Comité permanent de la Conférence Épiscopales Nationale du Congo (CENCO), nous sommes réunis du 3 au 5 décembre 2012 à Kinshasa en session extraordinaire pour examiner la situation d’ensemble et ses conséquences.
 
 
CONSTATS
 
 2. Dans nos différents messages antérieurs, nous avons condamné le projet de balkanisation de la RD Congo, l’exploitation illégale des ressources naturelles, la prolifération de milices et groupes armés. Pour le même motif, nous avons organisé un triduum de prières dans tous nos diocèses et une marche sur toute l’étendue de la RD Congo le 01 août 2012. Après notre visite pastorale de solidarité à la population meurtrie dans le Nord et le Sud-Kivu au mois de septembre 2012, en dépit de nos échanges avec le M23 en présence de la population prise en otage à Rutshuru, la situation n’a fait qu’empirer.
 
 3. La guerre dans le Nord-Kivu a entraîné d’énormes dégâts. Il s’agit notamment de la dégradation de la situation des droits de l’homme causée par le M23 et les groupes armés, des meurtres à grande échelle, des viols, des enlèvements, d’enrôlement des mineurs dans les  rangs des groupes armés, des détentions et taxations illégales, des actes de banditisme, de destruction et du pillage du patrimoine national et des particuliers, des déplacements forcés et massifs des populations contraintes à l’errance dans des conditions infrahumaines.Et, la chute de la ville de Goma a plongé tous les Congolais dans la consternation.
 
 4. Aujourd’hui, une partie de notre territoire échappe à notre gouvernement et se retrouve de fait sous l’administration du M23 qui est soutenu par des pays étrangers, notamment le Rwanda et l’Ouganda. Le rapport des experts des Nations Unies n’a fait que le confirmer. A la base de cette situation, nous relevons la stratégie de balkanisation qui est en cours d’exécution. Celle-ci obéit à la même dynamique depuis des décennies : revendications d’ordre identitaire ou foncier, refus de l’ordre institutionnel, exploitation illégale des ressources naturelles, déplacement forcé des populations, recours à la violence dans la perspective de l’émiettement de la RD Congo.
 
 5. Par ailleurs, nous notons au sein de la population, des frustrations dues à une gouvernance qui ne répond pas à ses attentes. Nos appartenances ethniques sont exploitées sciemment par quelques compatriotes  pour leur positionnement politique. Certains « accords de paix » passés avec des groupes armés, sans concertation préalable, compromettent la souveraineté et l’intégrité de la RD Congo.
 
 
DÉSAPPROBATION
 
 6. Voilà pourquoi, nous désapprouvons et condamnons fermement ce qui vient d’être fustigé.  Car cela est à la base de la souffrance du peuple, du retard de développement de tout le pays et du recul de son processus de démocratisation. Il est d’autant inadmissible que tout cela soit l’œuvre de compatriotes congolais qui se font manipuler servilement pour des intérêts étrangers. Ils font fi des institutions légitimes de la République et brisent la cohésion nationale à laquelle nous aspirons après tant d’années de tribulations et d’incertitudes.
 
 7. Dans le même temps, nous désapprouvons le recours aux armes comme voie de solution aux problèmes qui se posent dans notre communauté nationale. Les atrocités et les conséquences fâcheuses des expériences passées des guerres récurrentes prouvent les limites de cette voie. La manière de faire de M23 ne sert donc pas ses prétentions. Aux responsables de ce Mouvement des rebelles et leurs parrains d’en tirer les conclusions et d’en assumer les conséquences. Leurs actes criminels ne resteront pas impunis.
 
INVITATION À RENFORCER L’UNITÉ NATIONALE
 
 8. Nous réaffirmons la souveraineté de la RD Congo et l’intangibilité de ses frontières ; nous tenons fermement à l’unité et à l’indivisibilité de la RD Congo dans ses frontières issues de la colonisation et reconnues par la communauté internationale le 30 juin 1960. L’intégrité du territoire de la RD Congo n’est pas négociable[1].
 
 9. Fidèles à notre charge de pasteurs, appelés par le Seigneur Jésus Christ à œuvrer pour l’unité du genre humain dans notre pays, nous invitons instamment toute la population congolaise à l’unité nationale. Toute recherche de solution aux problèmes à l’intérieur de notre nation doit s’inscrire dans la perspective de l’unité à sauvegarder et à promouvoir en faveur de toute la population, sans privilégier aucun groupe au détriment des autres. La réconciliation nationale est à ce prix.
 
 10. Compte tenu de la situation créée par ces dernières violences dont quelques conséquences ci-haut décriées, nous formulons les recommandations suivantes:
 
 
RECOMMANDATIONS
 
Appel à un sursaut patriotique
 
 11. Frères et sœurs Congolais, nous vous appelons tous à un sursaut patriotique. La fidélité à l’unité nationale et la sauvegarde de l’intégrité territoriale de la RD Congo constituent des devoirs sacrés pour tout CongolaisLa diversité de nos ethnies est une richesse. Frères et sœurs, nous vous invitons à la vigilance afin que personne, même les élus de votre ethnie, n’instrumentalise votre identité pour vous opposer les uns aux autres en vue des objectifs inavoués. Ce n’est que dans l’unité, la conversion des cœurs et la réconciliation que nous pouvons faire avancer notre pays sur tous les plans.
 
Responsabilité de nos gouvernants et la classe politique
 
 12. L’état actuel de la nation congolaise doit vous interpeller, vous nos gouvernants. Il vous incombe en premier de garantir la sécurité de la population et l’intégrité du territoire national. C’est en prenant en charge les aspirations légitimes de la population à la paix interne et externe, à la dignité et au développement que vous consoliderez l’unité nationale. A cet effet, ayez à cœur le rôle de leadership historique et visionnaire que vous devriez jouer, en concevant et en présentant une voie de sortie de crise aux partenaires et interlocuteurs tant nationaux qu’internationaux. Il est urgent de promouvoir la bonne gouvernance et de former une Armée républicaine, dissuasive, capable de défendre la sécurité des Congolais et l’intégrité de leur territoire face aux menaces et à toutes les velléités des groupes armés[2].
 
 13. A toute la classe politique congolaise, nous vous rappelons que la nation est en danger. Vous n’avez pas le droit de passer le temps à vous quereller autour des intérêts égoïstes. Il est très déplorable que certains d’entre vous, privilégiant leurs intérêts, se font complices avec les désintégrateurs de notre unité nationale. La défense de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale vous imposent de mobiliser et de rassembler tous vos efforts afin de faire échec à tout projet de balkanisation de notre pays. Les idéaux chers aux pionniers[3]de l’indépendance de la RD Congo, à savoir l’indépendance,  l’unité, la prospérité, la paix, la grandeur de la Nation doivent être respectés et promus par vous. Ce sont ces idéaux qui constituent notre fierté et le socle de notre unité nationale. Ils doivent demeurer constamment l’horizon vers lequel convergent tous les efforts d’édification de la nation congolaise, grâce à des débats politiques et démocratiques sereins. C’est le moment de faire un front commun face au danger d’émiettement et d’asservissement de notre pays qui met en péril son existence même et celle de la nation.
 
En vue des prochaines négociations
 
14. Les prétentions des Congolais de n’importe quel groupe qui s’estime lésé doivent être traitées selon le droit et dans le respect de la Constitution de la RD Congo. Il y a lieu de s’interroger sur la valeur juridique des accords du 23 mars 2009 et sur la pertinence de la tenue de la rencontre à Kampala.
 
15. Aussi, attirons-nous l’attention de tous ceux qui se rendront à Kampala sur les pièges de ces négociations. Qu’ils n’hypothèquent pas l’unité de la nation congolaise, qu’ils n’avalisent pas des accords qui consacreraient la balkanisation de la RD Congo. La vigilance et la clairvoyance doivent être de mise. Il faudrait que les principes fondamentaux et patriotiques auxquels personne ne doit déroger ainsi qu’un schéma directeur fixant le degré et la nature des concessions possibles, acceptables et tolérables soient scrupuleusement respectés.Un accord qui hypothèquerait la souveraineté nationale est inacceptable.
 
 
A la communauté internationale
 
16. Nous reconnaissons tous les efforts déployés par la communauté internationale pour la paix et la stabilité en RD Congo. Cependant,le peuple continue de s’interroger : comment, malgré les promesses très fermes de la Monusco, le territoire de Rutshuru et la ville de Goma n’ont pas été efficacement défendus ni la population civile intégralement protégée ?Ne faudrait-il pas alors adapter le mandat de la Monusco à la situation qui prévaut actuellement en RD Congo ? Le peuple congolais attend ardemment que triomphe le principe du droit international et de la solidarité qui sont à la base d’une paix mondiale.
 
 
CONCLUSION
 
17. Nous faisons appel au gouvernement de notre pays, à toute personne de bonne volonté, aux agences humanitaires et à la solidarité de la communauté internationale pour apporter une aide humanitaire à la hauteur des souffrances injustement imposées à de centaines de milliers des Congolais et Congolaises dans le Nord-Kivu.
 
18. Chers frères et sœurs, les difficultés, même les plus graves, ne doivent pas nous jeter dans le désespoir et dans la résignation. Confiants en Dieu, source de toute paix véritable et grâce à un sursaut patriotique, «relevons nos têtes et dressons nos fronts». En vertu de notre mission prophétique, nous avons entrepris divers contacts avec nos gouvernants, la classe politique de notre pays, certaines représentations diplomatiques en RD Congo, la Monusco et d’autres organisations internationales en vue d’une vraie paix dans notre pays.
 
19. Nous recommandons à la miséricorde de Dieu les victimes de cette guerre. Nous exprimons notre proximité spirituelle à Son Excellence Mgr Théophile Kaboy, évêque de Goma, et notre compassion à toute la population du Nord-Kivu. Nous continuons à prier pour que le Seigneur ouvre à la paix du Christ les cœurs de ceux qui font la guerre. Que la Très Sainte Vierge Marie, Notre Dame du Congo et Reine de la paix, obtienne à notre pays et à tous ses habitants, la grâce de l’unité et de la paix.
 
Fait à Kinshasa, le 05 décembre 2012
 
 

[1] Cf. CENCO, Non à la balkanisation. Communiqué sur la situation de guerre dans le pays, 06 juillet 2012.
[2] Cf. Notre rêve d’un Congo plus beau qu’avant. Message de la Conférence Épiscopale Nationale du    Congo au peuple congolais à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de la RD Congo  (24/06/2010), n.17.
[3] Cf. Notre rêve d’un Congo plus beau qu’avant, n.7.
 
 
LECTURE VIDEO DU MESSAGE DE LA CENCO

 
Zadain
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