Tuesday, December 11, 2012

LA NATION D'ABORD!


Comite-Permanent-CENCO.jpgRéunis en session extraordinaire à Kinshasa, du 3 au 5 décembre 2012, pour examiner la situation sécuritaire qui prévaut dans leur pays, la RDC, le Cardinal, les Archevêques et Évêques membres du Comité permanent de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), par fidélité à l'unité nationale et à l'intégrité territoriale, ont appelé le peuple congolais à se lever pour sauver la patrie.
 
   
 Peuple congolais, lève-toi et sauve ta patrie
Fidélité à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale de la RD Congo
(cf. 1Ma 14, 35)
 
Message du Comité permanent de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO)  sur la situation sécuritaire dans notre pays
 
 
PRÉAMBULE
 
  1. Préoccupés par la montée des violences dans l’Est de notre pays, violences qui ont culminé dans la prise de la ville de Goma par les rebelles du « Mouvement du 23 Mars 2009 » (M23), Nous, Cardinal, Archevêques et Évêques membres du Comité permanent de la Conférence Épiscopales Nationale du Congo (CENCO), nous sommes réunis du 3 au 5 décembre 2012 à Kinshasa en session extraordinaire pour examiner la situation d’ensemble et ses conséquences.
 
 
CONSTATS
 
 2. Dans nos différents messages antérieurs, nous avons condamné le projet de balkanisation de la RD Congo, l’exploitation illégale des ressources naturelles, la prolifération de milices et groupes armés. Pour le même motif, nous avons organisé un triduum de prières dans tous nos diocèses et une marche sur toute l’étendue de la RD Congo le 01 août 2012. Après notre visite pastorale de solidarité à la population meurtrie dans le Nord et le Sud-Kivu au mois de septembre 2012, en dépit de nos échanges avec le M23 en présence de la population prise en otage à Rutshuru, la situation n’a fait qu’empirer.
 
 3. La guerre dans le Nord-Kivu a entraîné d’énormes dégâts. Il s’agit notamment de la dégradation de la situation des droits de l’homme causée par le M23 et les groupes armés, des meurtres à grande échelle, des viols, des enlèvements, d’enrôlement des mineurs dans les  rangs des groupes armés, des détentions et taxations illégales, des actes de banditisme, de destruction et du pillage du patrimoine national et des particuliers, des déplacements forcés et massifs des populations contraintes à l’errance dans des conditions infrahumaines.Et, la chute de la ville de Goma a plongé tous les Congolais dans la consternation.
 
 4. Aujourd’hui, une partie de notre territoire échappe à notre gouvernement et se retrouve de fait sous l’administration du M23 qui est soutenu par des pays étrangers, notamment le Rwanda et l’Ouganda. Le rapport des experts des Nations Unies n’a fait que le confirmer. A la base de cette situation, nous relevons la stratégie de balkanisation qui est en cours d’exécution. Celle-ci obéit à la même dynamique depuis des décennies : revendications d’ordre identitaire ou foncier, refus de l’ordre institutionnel, exploitation illégale des ressources naturelles, déplacement forcé des populations, recours à la violence dans la perspective de l’émiettement de la RD Congo.
 
 5. Par ailleurs, nous notons au sein de la population, des frustrations dues à une gouvernance qui ne répond pas à ses attentes. Nos appartenances ethniques sont exploitées sciemment par quelques compatriotes  pour leur positionnement politique. Certains « accords de paix » passés avec des groupes armés, sans concertation préalable, compromettent la souveraineté et l’intégrité de la RD Congo.
 
 
DÉSAPPROBATION
 
 6. Voilà pourquoi, nous désapprouvons et condamnons fermement ce qui vient d’être fustigé.  Car cela est à la base de la souffrance du peuple, du retard de développement de tout le pays et du recul de son processus de démocratisation. Il est d’autant inadmissible que tout cela soit l’œuvre de compatriotes congolais qui se font manipuler servilement pour des intérêts étrangers. Ils font fi des institutions légitimes de la République et brisent la cohésion nationale à laquelle nous aspirons après tant d’années de tribulations et d’incertitudes.
 
 7. Dans le même temps, nous désapprouvons le recours aux armes comme voie de solution aux problèmes qui se posent dans notre communauté nationale. Les atrocités et les conséquences fâcheuses des expériences passées des guerres récurrentes prouvent les limites de cette voie. La manière de faire de M23 ne sert donc pas ses prétentions. Aux responsables de ce Mouvement des rebelles et leurs parrains d’en tirer les conclusions et d’en assumer les conséquences. Leurs actes criminels ne resteront pas impunis.
 
INVITATION À RENFORCER L’UNITÉ NATIONALE
 
 8. Nous réaffirmons la souveraineté de la RD Congo et l’intangibilité de ses frontières ; nous tenons fermement à l’unité et à l’indivisibilité de la RD Congo dans ses frontières issues de la colonisation et reconnues par la communauté internationale le 30 juin 1960. L’intégrité du territoire de la RD Congo n’est pas négociable[1].
 
 9. Fidèles à notre charge de pasteurs, appelés par le Seigneur Jésus Christ à œuvrer pour l’unité du genre humain dans notre pays, nous invitons instamment toute la population congolaise à l’unité nationale. Toute recherche de solution aux problèmes à l’intérieur de notre nation doit s’inscrire dans la perspective de l’unité à sauvegarder et à promouvoir en faveur de toute la population, sans privilégier aucun groupe au détriment des autres. La réconciliation nationale est à ce prix.
 
 10. Compte tenu de la situation créée par ces dernières violences dont quelques conséquences ci-haut décriées, nous formulons les recommandations suivantes:
 
 
RECOMMANDATIONS
 
Appel à un sursaut patriotique
 
 11. Frères et sœurs Congolais, nous vous appelons tous à un sursaut patriotique. La fidélité à l’unité nationale et la sauvegarde de l’intégrité territoriale de la RD Congo constituent des devoirs sacrés pour tout Congolais. La diversité de nos ethnies est une richesse. Frères et sœurs, nous vous invitons à la vigilance afin que personne, même les élus de votre ethnie, n’instrumentalise votre identité pour vous opposer les uns aux autres en vue des objectifs inavoués. Ce n’est que dans l’unité, la conversion des cœurs et la réconciliation que nous pouvons faire avancer notre pays sur tous les plans.
 
Responsabilité de nos gouvernants et la classe politique
 
 12. L’état actuel de la nation congolaise doit vous interpeller, vous nos gouvernants. Il vous incombe en premier de garantir la sécurité de la population et l’intégrité du territoire national. C’est en prenant en charge les aspirations légitimes de la population à la paix interne et externe, à la dignité et au développement que vous consoliderez l’unité nationale. A cet effet, ayez à cœur le rôle de leadership historique et visionnaire que vous devriez jouer, en concevant et en présentant une voie de sortie de crise aux partenaires et interlocuteurs tant nationaux qu’internationaux. Il est urgent de promouvoir la bonne gouvernance et de former une Armée républicaine, dissuasive, capable de défendre la sécurité des Congolais et l’intégrité de leur territoire face aux menaces et à toutes les velléités des groupes armés[2].
 
 13. A toute la classe politique congolaise, nous vous rappelons que la nation est en danger. Vous n’avez pas le droit de passer le temps à vous quereller autour des intérêts égoïstes. Il est très déplorable que certains d’entre vous, privilégiant leurs intérêts, se font complices avec les désintégrateurs de notre unité nationale. La défense de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale vous imposent de mobiliser et de rassembler tous vos efforts afin de faire échec à tout projet de balkanisation de notre pays. Les idéaux chers aux pionniers[3]de l’indépendance de la RD Congo, à savoir l’indépendance,  l’unité, la prospérité, la paix, la grandeur de la Nation doivent être respectés et promus par vous. Ce sont ces idéaux qui constituent notre fierté et le socle de notre unité nationale. Ils doivent demeurer constamment l’horizon vers lequel convergent tous les efforts d’édification de la nation congolaise, grâce à des débats politiques et démocratiques sereins. C’est le moment de faire un front commun face au danger d’émiettement et d’asservissement de notre pays qui met en péril son existence même et celle de la nation.
 
En vue des prochaines négociations
 
14. Les prétentions des Congolais de n’importe quel groupe qui s’estime lésé doivent être traitées selon le droit et dans le respect de la Constitution de la RD Congo. Il y a lieu de s’interroger sur la valeur juridique des accords du 23 mars 2009 et sur la pertinence de la tenue de la rencontre à Kampala.
 
15. Aussi, attirons-nous l’attention de tous ceux qui se rendront à Kampala sur les pièges de ces négociations. Qu’ils n’hypothèquent pas l’unité de la nation congolaise, qu’ils n’avalisent pas des accords qui consacreraient la balkanisation de la RD Congo. La vigilance et la clairvoyance doivent être de mise. Il faudrait que les principes fondamentaux et patriotiques auxquels personne ne doit déroger ainsi qu’un schéma directeur fixant le degré et la nature des concessions possibles, acceptables et tolérables soient scrupuleusement respectés.Un accord qui hypothèquerait la souveraineté nationale est inacceptable.
 
 
A la communauté internationale
 
16. Nous reconnaissons tous les efforts déployés par la communauté internationale pour la paix et la stabilité en RD Congo. Cependant,le peuple continue de s’interroger : comment, malgré les promesses très fermes de la Monusco, le territoire de Rutshuru et la ville de Goma n’ont pas été efficacement défendus ni la population civile intégralement protégée ?Ne faudrait-il pas alors adapter le mandat de la Monusco à la situation qui prévaut actuellement en RD Congo ? Le peuple congolais attend ardemment que triomphe le principe du droit international et de la solidarité qui sont à la base d’une paix mondiale.
 
 
CONCLUSION
 
17. Nous faisons appel au gouvernement de notre pays, à toute personne de bonne volonté, aux agences humanitaires et à la solidarité de la communauté internationale pour apporter une aide humanitaire à la hauteur des souffrances injustement imposées à de centaines de milliers des Congolais et Congolaises dans le Nord-Kivu.
 
18. Chers frères et sœurs, les difficultés, même les plus graves, ne doivent pas nous jeter dans le désespoir et dans la résignation. Confiants en Dieu, source de toute paix véritable et grâce à un sursaut patriotique, «relevons nos têtes et dressons nos fronts». En vertu de notre mission prophétique, nous avons entrepris divers contacts avec nos gouvernants, la classe politique de notre pays, certaines représentations diplomatiques en RD Congo, la Monusco et d’autres organisations internationales en vue d’une vraie paix dans notre pays.
 
19. Nous recommandons à la miséricorde de Dieu les victimes de cette guerre. Nous exprimons notre proximité spirituelle à Son Excellence Mgr Théophile Kaboy, évêque de Goma, et notre compassion à toute la population du Nord-Kivu. Nous continuons à prier pour que le Seigneur ouvre à la paix du Christ les cœurs de ceux qui font la guerre. Que la Très Sainte Vierge Marie, Notre Dame du Congo et Reine de la paix, obtienne à notre pays et à tous ses habitants, la grâce de l’unité et de la paix.
 
Fait à Kinshasa, le 05 décembre 2012
 
 

[1] Cf. CENCO, Non à la balkanisation. Communiqué sur la situation de guerre dans le pays, 06 juillet 2012.
[2] Cf. Notre rêve d’un Congo plus beau qu’avant. Message de la Conférence Épiscopale Nationale du    Congo au peuple congolais à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de la RD Congo  (24/06/2010), n.17.
[3] Cf. Notre rêve d’un Congo plus beau qu’avant, n.7.
 
 
LECTURE VIDEO DU MESSAGE DE LA CENCO

 
Zadain
__._,_.___

LA NATION D'ABORD!


Comite-Permanent-CENCO.jpgRéunis en session extraordinaire à Kinshasa, du 3 au 5 décembre 2012, pour examiner la situation sécuritaire qui prévaut dans leur pays, la RDC, le Cardinal, les Archevêques et Évêques membres du Comité permanent de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), par fidélité à l'unité nationale et à l'intégrité territoriale, ont appelé le peuple congolais à se lever pour sauver la patrie.
 
   
 Peuple congolais, lève-toi et sauve ta patrie
Fidélité à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale de la RD Congo
(cf. 1Ma 14, 35)
 
Message du Comité permanent de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO)  sur la situation sécuritaire dans notre pays
 
 
PRÉAMBULE
 
  1. Préoccupés par la montée des violences dans l’Est de notre pays, violences qui ont culminé dans la prise de la ville de Goma par les rebelles du « Mouvement du 23 Mars 2009 » (M23), Nous, Cardinal, Archevêques et Évêques membres du Comité permanent de la Conférence Épiscopales Nationale du Congo (CENCO), nous sommes réunis du 3 au 5 décembre 2012 à Kinshasa en session extraordinaire pour examiner la situation d’ensemble et ses conséquences.
 
 
CONSTATS
 
 2. Dans nos différents messages antérieurs, nous avons condamné le projet de balkanisation de la RD Congo, l’exploitation illégale des ressources naturelles, la prolifération de milices et groupes armés. Pour le même motif, nous avons organisé un triduum de prières dans tous nos diocèses et une marche sur toute l’étendue de la RD Congo le 01 août 2012. Après notre visite pastorale de solidarité à la population meurtrie dans le Nord et le Sud-Kivu au mois de septembre 2012, en dépit de nos échanges avec le M23 en présence de la population prise en otage à Rutshuru, la situation n’a fait qu’empirer.
 
 3. La guerre dans le Nord-Kivu a entraîné d’énormes dégâts. Il s’agit notamment de la dégradation de la situation des droits de l’homme causée par le M23 et les groupes armés, des meurtres à grande échelle, des viols, des enlèvements, d’enrôlement des mineurs dans les  rangs des groupes armés, des détentions et taxations illégales, des actes de banditisme, de destruction et du pillage du patrimoine national et des particuliers, des déplacements forcés et massifs des populations contraintes à l’errance dans des conditions infrahumaines.Et, la chute de la ville de Goma a plongé tous les Congolais dans la consternation.
 
 4. Aujourd’hui, une partie de notre territoire échappe à notre gouvernement et se retrouve de fait sous l’administration du M23 qui est soutenu par des pays étrangers, notamment le Rwanda et l’Ouganda. Le rapport des experts des Nations Unies n’a fait que le confirmer. A la base de cette situation, nous relevons la stratégie de balkanisation qui est en cours d’exécution. Celle-ci obéit à la même dynamique depuis des décennies : revendications d’ordre identitaire ou foncier, refus de l’ordre institutionnel, exploitation illégale des ressources naturelles, déplacement forcé des populations, recours à la violence dans la perspective de l’émiettement de la RD Congo.
 
 5. Par ailleurs, nous notons au sein de la population, des frustrations dues à une gouvernance qui ne répond pas à ses attentes. Nos appartenances ethniques sont exploitées sciemment par quelques compatriotes  pour leur positionnement politique. Certains « accords de paix » passés avec des groupes armés, sans concertation préalable, compromettent la souveraineté et l’intégrité de la RD Congo.
 
 
DÉSAPPROBATION
 
 6. Voilà pourquoi, nous désapprouvons et condamnons fermement ce qui vient d’être fustigé.  Car cela est à la base de la souffrance du peuple, du retard de développement de tout le pays et du recul de son processus de démocratisation. Il est d’autant inadmissible que tout cela soit l’œuvre de compatriotes congolais qui se font manipuler servilement pour des intérêts étrangers. Ils font fi des institutions légitimes de la République et brisent la cohésion nationale à laquelle nous aspirons après tant d’années de tribulations et d’incertitudes.
 
 7. Dans le même temps, nous désapprouvons le recours aux armes comme voie de solution aux problèmes qui se posent dans notre communauté nationale. Les atrocités et les conséquences fâcheuses des expériences passées des guerres récurrentes prouvent les limites de cette voie. La manière de faire de M23 ne sert donc pas ses prétentions. Aux responsables de ce Mouvement des rebelles et leurs parrains d’en tirer les conclusions et d’en assumer les conséquences. Leurs actes criminels ne resteront pas impunis.
 
INVITATION À RENFORCER L’UNITÉ NATIONALE
 
 8. Nous réaffirmons la souveraineté de la RD Congo et l’intangibilité de ses frontières ; nous tenons fermement à l’unité et à l’indivisibilité de la RD Congo dans ses frontières issues de la colonisation et reconnues par la communauté internationale le 30 juin 1960. L’intégrité du territoire de la RD Congo n’est pas négociable[1].
 
 9. Fidèles à notre charge de pasteurs, appelés par le Seigneur Jésus Christ à œuvrer pour l’unité du genre humain dans notre pays, nous invitons instamment toute la population congolaise à l’unité nationale. Toute recherche de solution aux problèmes à l’intérieur de notre nation doit s’inscrire dans la perspective de l’unité à sauvegarder et à promouvoir en faveur de toute la population, sans privilégier aucun groupe au détriment des autres. La réconciliation nationale est à ce prix.
 
 10. Compte tenu de la situation créée par ces dernières violences dont quelques conséquences ci-haut décriées, nous formulons les recommandations suivantes:
 
 
RECOMMANDATIONS
 
Appel à un sursaut patriotique
 
 11. Frères et sœurs Congolais, nous vous appelons tous à un sursaut patriotique. La fidélité à l’unité nationale et la sauvegarde de l’intégrité territoriale de la RD Congo constituent des devoirs sacrés pour tout Congolais. La diversité de nos ethnies est une richesse. Frères et sœurs, nous vous invitons à la vigilance afin que personne, même les élus de votre ethnie, n’instrumentalise votre identité pour vous opposer les uns aux autres en vue des objectifs inavoués. Ce n’est que dans l’unité, la conversion des cœurs et la réconciliation que nous pouvons faire avancer notre pays sur tous les plans.
 
Responsabilité de nos gouvernants et la classe politique
 
 12. L’état actuel de la nation congolaise doit vous interpeller, vous nos gouvernants. Il vous incombe en premier de garantir la sécurité de la population et l’intégrité du territoire national. C’est en prenant en charge les aspirations légitimes de la population à la paix interne et externe, à la dignité et au développement que vous consoliderez l’unité nationale. A cet effet, ayez à cœur le rôle de leadership historique et visionnaire que vous devriez jouer, en concevant et en présentant une voie de sortie de crise aux partenaires et interlocuteurs tant nationaux qu’internationaux. Il est urgent de promouvoir la bonne gouvernance et de former une Armée républicaine, dissuasive, capable de défendre la sécurité des Congolais et l’intégrité de leur territoire face aux menaces et à toutes les velléités des groupes armés[2].
 
 13. A toute la classe politique congolaise, nous vous rappelons que la nation est en danger. Vous n’avez pas le droit de passer le temps à vous quereller autour des intérêts égoïstes. Il est très déplorable que certains d’entre vous, privilégiant leurs intérêts, se font complices avec les désintégrateurs de notre unité nationale. La défense de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale vous imposent de mobiliser et de rassembler tous vos efforts afin de faire échec à tout projet de balkanisation de notre pays. Les idéaux chers aux pionniers[3]de l’indépendance de la RD Congo, à savoir l’indépendance,  l’unité, la prospérité, la paix, la grandeur de la Nation doivent être respectés et promus par vous. Ce sont ces idéaux qui constituent notre fierté et le socle de notre unité nationale. Ils doivent demeurer constamment l’horizon vers lequel convergent tous les efforts d’édification de la nation congolaise, grâce à des débats politiques et démocratiques sereins. C’est le moment de faire un front commun face au danger d’émiettement et d’asservissement de notre pays qui met en péril son existence même et celle de la nation.
 
En vue des prochaines négociations
 
14. Les prétentions des Congolais de n’importe quel groupe qui s’estime lésé doivent être traitées selon le droit et dans le respect de la Constitution de la RD Congo. Il y a lieu de s’interroger sur la valeur juridique des accords du 23 mars 2009 et sur la pertinence de la tenue de la rencontre à Kampala.
 
15. Aussi, attirons-nous l’attention de tous ceux qui se rendront à Kampala sur les pièges de ces négociations. Qu’ils n’hypothèquent pas l’unité de la nation congolaise, qu’ils n’avalisent pas des accords qui consacreraient la balkanisation de la RD Congo. La vigilance et la clairvoyance doivent être de mise. Il faudrait que les principes fondamentaux et patriotiques auxquels personne ne doit déroger ainsi qu’un schéma directeur fixant le degré et la nature des concessions possibles, acceptables et tolérables soient scrupuleusement respectés.Un accord qui hypothèquerait la souveraineté nationale est inacceptable.
 
 
A la communauté internationale
 
16. Nous reconnaissons tous les efforts déployés par la communauté internationale pour la paix et la stabilité en RD Congo. Cependant,le peuple continue de s’interroger : comment, malgré les promesses très fermes de la Monusco, le territoire de Rutshuru et la ville de Goma n’ont pas été efficacement défendus ni la population civile intégralement protégée ?Ne faudrait-il pas alors adapter le mandat de la Monusco à la situation qui prévaut actuellement en RD Congo ? Le peuple congolais attend ardemment que triomphe le principe du droit international et de la solidarité qui sont à la base d’une paix mondiale.
 
 
CONCLUSION
 
17. Nous faisons appel au gouvernement de notre pays, à toute personne de bonne volonté, aux agences humanitaires et à la solidarité de la communauté internationale pour apporter une aide humanitaire à la hauteur des souffrances injustement imposées à de centaines de milliers des Congolais et Congolaises dans le Nord-Kivu.
 
18. Chers frères et sœurs, les difficultés, même les plus graves, ne doivent pas nous jeter dans le désespoir et dans la résignation. Confiants en Dieu, source de toute paix véritable et grâce à un sursaut patriotique, «relevons nos têtes et dressons nos fronts». En vertu de notre mission prophétique, nous avons entrepris divers contacts avec nos gouvernants, la classe politique de notre pays, certaines représentations diplomatiques en RD Congo, la Monusco et d’autres organisations internationales en vue d’une vraie paix dans notre pays.
 
19. Nous recommandons à la miséricorde de Dieu les victimes de cette guerre. Nous exprimons notre proximité spirituelle à Son Excellence Mgr Théophile Kaboy, évêque de Goma, et notre compassion à toute la population du Nord-Kivu. Nous continuons à prier pour que le Seigneur ouvre à la paix du Christ les cœurs de ceux qui font la guerre. Que la Très Sainte Vierge Marie, Notre Dame du Congo et Reine de la paix, obtienne à notre pays et à tous ses habitants, la grâce de l’unité et de la paix.
 
Fait à Kinshasa, le 05 décembre 2012
 
 

[1] Cf. CENCO, Non à la balkanisation. Communiqué sur la situation de guerre dans le pays, 06 juillet 2012.
[2] Cf. Notre rêve d’un Congo plus beau qu’avant. Message de la Conférence Épiscopale Nationale du    Congo au peuple congolais à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de la RD Congo  (24/06/2010), n.17.
[3] Cf. Notre rêve d’un Congo plus beau qu’avant, n.7.
 
 
LECTURE VIDEO DU MESSAGE DE LA CENCO

 
Zadain
__._,_.___

Monday, December 10, 2012

CROIS SEULEMENT!


Les cœurs des enfants blessés par des 'prophètes de Dieu' 
Donat Muamba

MBUJI-MAYI, RD Congo , 5 déc (IPS) - Un dimanche, Beatrice Ndaya, 15 ans, est assise devant une table. Elle recopie ses leçons de français dans un centre d’hébergement pour filles, appelé 'Beetu Bana' à Mbuji-Mayi, au Kasaï-Oriental, dans le centre de la République démocratique Congo (RDC). 

http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=7335
 
Beatrice vit dans ce centre depuis deux mois et est troisième d’une famille de sept enfants dont trois garçons. «Mes parents ont constaté que leurs activités ne tournaient plus normalement...et ont commencé à me soupçonner d’être une sorcière. Pourtant, je ne connais pas la sorcellerie, je ne sais même pas de quoi il s’agit», raconte-t-elle à IPS en sanglotant.

«Tout est parti d’une prophétie d’un 'prophète de Dieu', qui a dit à ma maman que j’étais sorcière et bloquais ses activités commerciales», explique-t-elle.

Le jour où Beatrice a été renvoyée de sa famille, ses parents ont brûlé tous ses habits, selon Tshilumba Kazadi, un habitant de Lukalenge, le quartier de la fille. Il affirme à IPS que depuis un temps, les parents de Beatrice ne voulaient plus d’elle. Ils avaient trop confiance en leur prophète.

Beatrice n’ayant plus de proches parents ici, a été récupérée par le Centre Beetu Baana des sœurs missionnaires de l’Evangile et du développement. Celles-ci l’ont rhabillée et scolarisée à nouveau.

«Mais nous apprenons que ses parents menacent de la tuer s’ils la croisaient en cours de route», signale Josiane Muwozi, qui prend soin de Beatrice dans ce centre qui compte actuellement 70 enfants âgés de trois à 17 ans.

Selon Muwozi, 60 pour cent des enfants du centre sont accusés de sorcellerie tandis que les autres y arrivent par manque de proches, après le divorce des parents ou le décès de l’un d’eux.

Les cas pareils cas sont nombreux, selon Augustin Kawulu, gestionnaire de la section des garçons du centre, à Mbuji-Mayi, la principale ville de la provinciale de Kasaï-Oriental. «Je gère 120 enfants vivant au marché, mais qui viennent juste passer la nuit ici», indique Kawulu.

Son rapport des six derniers mois montre que 55 pour cent des enfants qui transitent par le centre sont pris pour des 'sorciers' tandis que d’autres appartiennent à des parents divorcés ou décédés.

Luketa Kadilu, un garçon de 16 ans, vit depuis huit ans dans ce centre situé non loin du marché central de Dibindi, à Mbuji-Mayi.

«J’étais accusé de sorcellerie par ma marâtre qui m’avait finalement chassé de la maison, après la mort de ma mère», déclare Luketa, devenu pousse-pousseur de chariot ou parfois chercheur de voyageurs dans une gare routière.

«J’ai mis ma vie en danger, mais mon revenu d’environ quatre dollars par jour me permet de me nourrir, même tard dans la nuit», dit-il à IPS, affirmant avec ironie qu’aujourd’hui, c’est son père retraité qui envoie des gens lui demander une aide alimentaire. Mais il dit qu’il ne lui donne rien puisque son père avait refusé maintes fois de le réintégrer dans la famille.

«Le rejet des enfants est fréquent à Mbuji-Mayi au cours de cette dernière décennie», affirme Théodore Kaseya, chef de division provinciale des affaires sociales. Il estime que trois sur cinq enfants de la rue sont considérés comme des 'sorciers'.

Kaseya lie ce phénomène à la misère et à la prolifération des églises de réveil à Mbuji-Mayi. «Les pasteurs de ces églises font recours aux fausses prophéties pour conquérir les croyants», dit-il à IPS.

En 2006, l’Institut national de statistiques avait dénombré 5.025 enfants de la rue à Mbuji-Mayi. «Six ans après, ce nombre devrait tripler voire quadrupler», estime Kaseya, étant donné le grand nombre d’enfants errant partout.

Monji Tshibanza, un anthropologue, refuse de croire en l’existence de la sorcellerie. Pour lui, la sorcellerie est un esprit qui n’agit que sur celui qui y croit. «J’attribue cette croyance aux pauvres, car je n’ai jamais vu l’enfant d’un ministre taxé de sorcier», déclare-t-il à IPS.

En 2009, le ministère de la Justice avait recensé plus de 3.000 églises de réveil dans la ville. Mais, le nombre de centres de récupération d’enfants abandonnés ne dépasse pas 30, selon Kaseya. Ces centres appartiennent aux associations à but non lucratif qui ne reçoivent aucune subvention de l’Etat.

Odile Mbuya, une religieuse responsable des filles au centre Beetu Bana, affirme ne pas recevoir un appui du gouvernement pour le travail d’hébergement qu’elle fait depuis 1990.

Kester Mukeba, qui est père de 12 enfants, est sans emploi actuellement. Cependant, il dit croire en la vieille tradition ancestrale qui stipule que «les enfants sont une richesse, leur charge incombe à la société».

Mais Léon Mulumba, un avocat pour enfants, rejette cette conception. Il conseille plutôt un bon planning familial aux foyers. «La procréation doit aller de paire avec le revenu des parents», souligne-t-il à IPS, déconseillant de faire des enfants pour la rue ou le marché.

L’Etat devrait créer des centres des métiers pour les enfants pour leur préparer une vie meilleure, estime Tshibanza.

Suzanne Mboyo, ministre provinciale des Affaires sociales, reconnaît que le phénomène est réel. «Tout ce que nous faisons, comme Etat, c’est d’encadrer les responsables des centres de transit et les assistants sociaux sur l’accompagnement psychosocial en vue de réduire la vulnérabilité de ces enfants», déclare-t-elle à IPS.

L’Etat ne dispose pas de centres pour garder ces enfants, indique-t-elle. Il s’appuie plutôt sur les privés pour faire la médiation entre les enfants en rupture familiale et leurs parents. (FIN/2012)
 

CROIS SEULEMENT!


Les cœurs des enfants blessés par des 'prophètes de Dieu' 
Donat Muamba

MBUJI-MAYI, RD Congo , 5 déc (IPS) - Un dimanche, Beatrice Ndaya, 15 ans, est assise devant une table. Elle recopie ses leçons de français dans un centre d’hébergement pour filles, appelé 'Beetu Bana' à Mbuji-Mayi, au Kasaï-Oriental, dans le centre de la République démocratique Congo (RDC). 

http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=7335
 
Beatrice vit dans ce centre depuis deux mois et est troisième d’une famille de sept enfants dont trois garçons. «Mes parents ont constaté que leurs activités ne tournaient plus normalement...et ont commencé à me soupçonner d’être une sorcière. Pourtant, je ne connais pas la sorcellerie, je ne sais même pas de quoi il s’agit», raconte-t-elle à IPS en sanglotant.

«Tout est parti d’une prophétie d’un 'prophète de Dieu', qui a dit à ma maman que j’étais sorcière et bloquais ses activités commerciales», explique-t-elle.

Le jour où Beatrice a été renvoyée de sa famille, ses parents ont brûlé tous ses habits, selon Tshilumba Kazadi, un habitant de Lukalenge, le quartier de la fille. Il affirme à IPS que depuis un temps, les parents de Beatrice ne voulaient plus d’elle. Ils avaient trop confiance en leur prophète.

Beatrice n’ayant plus de proches parents ici, a été récupérée par le Centre Beetu Baana des sœurs missionnaires de l’Evangile et du développement. Celles-ci l’ont rhabillée et scolarisée à nouveau.

«Mais nous apprenons que ses parents menacent de la tuer s’ils la croisaient en cours de route», signale Josiane Muwozi, qui prend soin de Beatrice dans ce centre qui compte actuellement 70 enfants âgés de trois à 17 ans.

Selon Muwozi, 60 pour cent des enfants du centre sont accusés de sorcellerie tandis que les autres y arrivent par manque de proches, après le divorce des parents ou le décès de l’un d’eux.

Les cas pareils cas sont nombreux, selon Augustin Kawulu, gestionnaire de la section des garçons du centre, à Mbuji-Mayi, la principale ville de la provinciale de Kasaï-Oriental. «Je gère 120 enfants vivant au marché, mais qui viennent juste passer la nuit ici», indique Kawulu.

Son rapport des six derniers mois montre que 55 pour cent des enfants qui transitent par le centre sont pris pour des 'sorciers' tandis que d’autres appartiennent à des parents divorcés ou décédés.

Luketa Kadilu, un garçon de 16 ans, vit depuis huit ans dans ce centre situé non loin du marché central de Dibindi, à Mbuji-Mayi.

«J’étais accusé de sorcellerie par ma marâtre qui m’avait finalement chassé de la maison, après la mort de ma mère», déclare Luketa, devenu pousse-pousseur de chariot ou parfois chercheur de voyageurs dans une gare routière.

«J’ai mis ma vie en danger, mais mon revenu d’environ quatre dollars par jour me permet de me nourrir, même tard dans la nuit», dit-il à IPS, affirmant avec ironie qu’aujourd’hui, c’est son père retraité qui envoie des gens lui demander une aide alimentaire. Mais il dit qu’il ne lui donne rien puisque son père avait refusé maintes fois de le réintégrer dans la famille.

«Le rejet des enfants est fréquent à Mbuji-Mayi au cours de cette dernière décennie», affirme Théodore Kaseya, chef de division provinciale des affaires sociales. Il estime que trois sur cinq enfants de la rue sont considérés comme des 'sorciers'.

Kaseya lie ce phénomène à la misère et à la prolifération des églises de réveil à Mbuji-Mayi. «Les pasteurs de ces églises font recours aux fausses prophéties pour conquérir les croyants», dit-il à IPS.

En 2006, l’Institut national de statistiques avait dénombré 5.025 enfants de la rue à Mbuji-Mayi. «Six ans après, ce nombre devrait tripler voire quadrupler», estime Kaseya, étant donné le grand nombre d’enfants errant partout.

Monji Tshibanza, un anthropologue, refuse de croire en l’existence de la sorcellerie. Pour lui, la sorcellerie est un esprit qui n’agit que sur celui qui y croit. «J’attribue cette croyance aux pauvres, car je n’ai jamais vu l’enfant d’un ministre taxé de sorcier», déclare-t-il à IPS.

En 2009, le ministère de la Justice avait recensé plus de 3.000 églises de réveil dans la ville. Mais, le nombre de centres de récupération d’enfants abandonnés ne dépasse pas 30, selon Kaseya. Ces centres appartiennent aux associations à but non lucratif qui ne reçoivent aucune subvention de l’Etat.

Odile Mbuya, une religieuse responsable des filles au centre Beetu Bana, affirme ne pas recevoir un appui du gouvernement pour le travail d’hébergement qu’elle fait depuis 1990.

Kester Mukeba, qui est père de 12 enfants, est sans emploi actuellement. Cependant, il dit croire en la vieille tradition ancestrale qui stipule que «les enfants sont une richesse, leur charge incombe à la société».

Mais Léon Mulumba, un avocat pour enfants, rejette cette conception. Il conseille plutôt un bon planning familial aux foyers. «La procréation doit aller de paire avec le revenu des parents», souligne-t-il à IPS, déconseillant de faire des enfants pour la rue ou le marché.

L’Etat devrait créer des centres des métiers pour les enfants pour leur préparer une vie meilleure, estime Tshibanza.

Suzanne Mboyo, ministre provinciale des Affaires sociales, reconnaît que le phénomène est réel. «Tout ce que nous faisons, comme Etat, c’est d’encadrer les responsables des centres de transit et les assistants sociaux sur l’accompagnement psychosocial en vue de réduire la vulnérabilité de ces enfants», déclare-t-elle à IPS.

L’Etat ne dispose pas de centres pour garder ces enfants, indique-t-elle. Il s’appuie plutôt sur les privés pour faire la médiation entre les enfants en rupture familiale et leurs parents. (FIN/2012)
 

Friday, December 7, 2012

MADESU YA BANA!




Rubrique : Actualité

Corruption : la RDC toujours mauvaise élève de la classe
La République Démocratique du Congo occupe toujours les bas-fonds du
classement mondial des pays les plus corrompus de la planète, publié
le mercredi 5 décembre 2012 par l’Ong Transparency International. Sur
une liste de 174 Etats, le Congo démocratique pointe à la 160me place.
Certains seraient tentés de parler d’une timide avancée par rapport à
2011, année au terme de laquelle notre pays était aligné à la 168me
place.

Cela est d’autant inquiétant que quatre de nos voisins immédiats, à
savoir l’Ouganda (130me), le Congo/Brazzaville (144me), l’Angola
(157me) et le Burundi (165me) ne sont pas loin. Il ne serait peut-être
pas exagéré de soutenir que l’Afrique Centrale est logée à une très
mauvaise enseigne. Cela ne peut étonner au regard des réseaux maffieux
qui existent entre la RDC et ces différents pays dans le secteur du
trafic illicite des minerais (or, diamant, cuivre, cobalt, coltan).
Comme pour noircir davantage son dossier, la RDC compte, au nombre de
ses alliés, le Zimbabwe, classé 163me. Quant on pense au rôle joué par
ce pays dans le pillage du diamant du Kasaï Oriental, à travers la
Sengamines, on ne peut qu’adhérer aux conclusions de Transparency
International.

Le régime de Kinshasa semble avoir la manie de copier les mauvais
exemples alors que les bons ne manquent dans son voisinage. La
Tanzanie (102me) et la Zambie (88me par exemple) auraient pu servir de
boussoles aux Congolais, dans la voie de la lutte contre la
corruption.

D’aucuns croient que la énième mauvaise note récoltée par la RDC,
épinglée comme une des plus mauvais élèves de sa classe, est liée au
flou qui continue d’entourer les contrats miniers et pétroliers. Le
gouvernement congolais est en effet accusé du refus de jouer la carte
de la transparence dans les transactions relatives à la cession, à des
nébuleuses occidentales, asiatiques, nord-américaines, sud-américaines
et même africaines, de ses gisements de cuivre, de cobalt, d’or, de
diamant, de cassitérite, de coltan, de pétrole, etc.

Pourtant, que d’encre et de salive versées dans le dossier de fameux
contrats chinois et autres, pour attirer l’attention des décideurs
congolais sur les risques du bradage des richesses nationales ! En
dépit des débats houleux au Parlement, qui par moments, tendaient à
glisser vers des duels aux couteaux, les compatriotes signataires et
bénéficiaires de marchés puant la magouille s’étaient arc-boutés sur
leur position. Même la campagne dite des « mains propres » visant la
revisitation des contrats miniers s’était terminée en eau de boudin,
la complaisance et les règlements des comptes ayant pris le pas sur le
souci de la transparence.

Il y a aussi la corruption qui gangrène les finances publiques,
l’administration publique, l’appareil judiciaire, les centres de
décision politique, etc. Le climat des affaires, sévèrement critiqué
dans les milieux politiques, diplomatiques et financiers
internationaux, a subi des réformes de surface dont l’application
laisse à désirer. Le Parlement a cru fixer des règles du jeu rigides
en votant une loi régissant les marchés publics. Ici aussi les
mafiosi, surtout ceux opérant dans le domaine des infrastructures
routières, ne se lassent pas de ponctionner des millions de dollars
dans le Trésor public, pour des chantiers le plus souvent inachevés ou
des travaux de qualité à faire pleurer.

Bien que la corruption ait a été dénoncée en son temps par le Chef de
l’Etat dans son discours d’investiture en décembre 2006, à l’entame de
son premier mandat, et qu’une opération « tolérance-zéro » ait été
lancée, le phénomène a la peau dure.

Le sévère avertissement du FMI

Comme pour tirer les oreilles aux décideurs congolais et attirer leur
attention sur la marche du pays vers l’abîme de la corruption, le
Fonds Monétaire International a été contraint de frapper. Ainsi,
compte tenu de la légèreté avec laquelle sont négociés les contrats
miniers, la RDC est sommée de rembourser à cette institution de Breton
Wood la bagatelle de 350 millions de dollars américains reçus au titre
d’appuis budgétaires. Quant au fonds de 250 millions Usd inscrit au
chapitre des investissements et à celui de 2 milliards de dollars
promis au titre de contribution au budget 2013, l’un et l’autre sont
suspendus, jusqu’à nouvel ordre. En somme, si elle n’arrête pas de
jouer avec le feu, la RDC risque de payer cher sa mauvaise gouvernance
économique au niveau des institutions financières internationales.
L’ambition de devenir un pays émergent à l’horizon 2030 a un prix. Et,
notre pays est loin d’avoir pris la bonne voie pour se hisser à un
podium aussi exigeant.

Kimp

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