Friday, December 7, 2012

MADESU YA BANA!




Rubrique : Actualité

Corruption : la RDC toujours mauvaise élève de la classe
La République Démocratique du Congo occupe toujours les bas-fonds du
classement mondial des pays les plus corrompus de la planète, publié
le mercredi 5 décembre 2012 par l’Ong Transparency International. Sur
une liste de 174 Etats, le Congo démocratique pointe à la 160me place.
Certains seraient tentés de parler d’une timide avancée par rapport à
2011, année au terme de laquelle notre pays était aligné à la 168me
place.

Cela est d’autant inquiétant que quatre de nos voisins immédiats, à
savoir l’Ouganda (130me), le Congo/Brazzaville (144me), l’Angola
(157me) et le Burundi (165me) ne sont pas loin. Il ne serait peut-être
pas exagéré de soutenir que l’Afrique Centrale est logée à une très
mauvaise enseigne. Cela ne peut étonner au regard des réseaux maffieux
qui existent entre la RDC et ces différents pays dans le secteur du
trafic illicite des minerais (or, diamant, cuivre, cobalt, coltan).
Comme pour noircir davantage son dossier, la RDC compte, au nombre de
ses alliés, le Zimbabwe, classé 163me. Quant on pense au rôle joué par
ce pays dans le pillage du diamant du Kasaï Oriental, à travers la
Sengamines, on ne peut qu’adhérer aux conclusions de Transparency
International.

Le régime de Kinshasa semble avoir la manie de copier les mauvais
exemples alors que les bons ne manquent dans son voisinage. La
Tanzanie (102me) et la Zambie (88me par exemple) auraient pu servir de
boussoles aux Congolais, dans la voie de la lutte contre la
corruption.

D’aucuns croient que la énième mauvaise note récoltée par la RDC,
épinglée comme une des plus mauvais élèves de sa classe, est liée au
flou qui continue d’entourer les contrats miniers et pétroliers. Le
gouvernement congolais est en effet accusé du refus de jouer la carte
de la transparence dans les transactions relatives à la cession, à des
nébuleuses occidentales, asiatiques, nord-américaines, sud-américaines
et même africaines, de ses gisements de cuivre, de cobalt, d’or, de
diamant, de cassitérite, de coltan, de pétrole, etc.

Pourtant, que d’encre et de salive versées dans le dossier de fameux
contrats chinois et autres, pour attirer l’attention des décideurs
congolais sur les risques du bradage des richesses nationales ! En
dépit des débats houleux au Parlement, qui par moments, tendaient à
glisser vers des duels aux couteaux, les compatriotes signataires et
bénéficiaires de marchés puant la magouille s’étaient arc-boutés sur
leur position. Même la campagne dite des « mains propres » visant la
revisitation des contrats miniers s’était terminée en eau de boudin,
la complaisance et les règlements des comptes ayant pris le pas sur le
souci de la transparence.

Il y a aussi la corruption qui gangrène les finances publiques,
l’administration publique, l’appareil judiciaire, les centres de
décision politique, etc. Le climat des affaires, sévèrement critiqué
dans les milieux politiques, diplomatiques et financiers
internationaux, a subi des réformes de surface dont l’application
laisse à désirer. Le Parlement a cru fixer des règles du jeu rigides
en votant une loi régissant les marchés publics. Ici aussi les
mafiosi, surtout ceux opérant dans le domaine des infrastructures
routières, ne se lassent pas de ponctionner des millions de dollars
dans le Trésor public, pour des chantiers le plus souvent inachevés ou
des travaux de qualité à faire pleurer.

Bien que la corruption ait a été dénoncée en son temps par le Chef de
l’Etat dans son discours d’investiture en décembre 2006, à l’entame de
son premier mandat, et qu’une opération « tolérance-zéro » ait été
lancée, le phénomène a la peau dure.

Le sévère avertissement du FMI

Comme pour tirer les oreilles aux décideurs congolais et attirer leur
attention sur la marche du pays vers l’abîme de la corruption, le
Fonds Monétaire International a été contraint de frapper. Ainsi,
compte tenu de la légèreté avec laquelle sont négociés les contrats
miniers, la RDC est sommée de rembourser à cette institution de Breton
Wood la bagatelle de 350 millions de dollars américains reçus au titre
d’appuis budgétaires. Quant au fonds de 250 millions Usd inscrit au
chapitre des investissements et à celui de 2 milliards de dollars
promis au titre de contribution au budget 2013, l’un et l’autre sont
suspendus, jusqu’à nouvel ordre. En somme, si elle n’arrête pas de
jouer avec le feu, la RDC risque de payer cher sa mauvaise gouvernance
économique au niveau des institutions financières internationales.
L’ambition de devenir un pays émergent à l’horizon 2030 a un prix. Et,
notre pays est loin d’avoir pris la bonne voie pour se hisser à un
podium aussi exigeant.

Kimp

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Thursday, December 6, 2012

LISEZ ET FAITES LIRE!


AFRIQUE REDACTION . L'information en continu ! Afrique au cœur de l’actualité...Infos News sur la RDC, les brèves de la dernière minute. Synthèse sur l’actu internationale. rdcongo-kinshasa, Nord et Sud KIVU, Kinshasa, Bas Congo, Dongo, Equateur, Maniema, Lubumbashi, les deux Kasai. Rédacteur en Chef : BONGOS Roger



Crée le 05-12-2012 07H00 | AFRIQUE REDACTION | REDACTEUR EN CHEF : ROGER BONGOS | SITE PANAFRICAIN |ACTUALITE NATIONALE, AFRICAINE ET INTERNATIONALE. Mis à jour le mercredi 05-12-2012 11H05 PAR: ARTV-NEWS
La ministre rwandaise des Affaires étrangères en visite à Kinshasa Louise-Mushikiwabo-256x300

                                         Madame Louise Mushikiwabo






La ministre rwandaise des affaires étrangères Madame Louise Mushikiwabo
a, au cours d'un point de presse tenu hier (mardi 4 décembre 2012) à Kigali, laissé entendre que le Rwanda pourrait entrer de nouveau en RDC "pour y pourchasser les FDLR", si "leurs attaques" venaient à constituer une menace "sérieuse" pour la sécurité du Rwanda, en termes de fréquence ou d'intensité.

Madame Louise Mushikiwabo a déclaré : "Nous suivons la situation de très près. Nous ne voulons pas être forcés d'entrer en RDC à la poursuite de ces milices génocidaires. Si ces attaques persistent [...] nous allons y répondre sérieusement".

La veille, le chef d'Etat major des forces de défense du Rwanda (RDF), le général Charles Kayonga, avait tenu des propos similaires à Gisenyi, devant la population rwandaise établie le long de la frontière avec la RDC. "Nous allons les attraper ou les combattre s'ils s'ils essaient encore de destabiliser le pays", avait-il menacé.

Ces menaces à peine voilées de "retourner" en RDC si besoin était font suite aux allégations des autorités rwandaises au sujet d'incursions des FDLR "en provenance de la RDC et soutenues par le gouvernement et l'armée congolais" sur le territoire rwandais, le 27 novembre et le 2 décembre derniers. Allégations invraisemblables qui n'ont pas manqué d'intriguer les experts de la région et de stupéfier le autorités congolaises, étant donné le contexte dans lequel elles interviennent.

En effet, le Rwanda est constamment accusé par différents rapports de l'ONU, de la Monusco et d'ONG, de soutenir la rébellion du M23 qui s'emploie à déstabiliser la RDC depuis le premier trimestre de cette année. Le tout dernier rapport des experts des Nations-Unies va jusqu'à affirmer que le Rwanda a créé, entraîné, équipé, et directement commandé les rebelles, et a pris part active à leur récent assaut contre l'importante ville de Goma. Ces accusations jugées de ridicules par le Rwanda lui ont pourtant vallu de plus en plus de critiques, voire des sanctions économiques.

Le Rwanda fait tout pour déplacer le débât en instrumentalisant une milice qui n'a plus de capacités de nuisance contre sa sécurité que dans son imagination. En agitant le jocker "atteinte à la sécurité du Rwanda par des milices Hutu génocidaires soutenues par la RDC", il espère, soit se donner un motif plausible pour entrer ouvertement en RDC, soit revêtir sa parrure de victime déchirée par d'accablantes accusations d'auteur de guerre et d'agresseur. "Nous ne sommes pas là bas, mais nous y entrerons si ces attaques ne cessent pas, et personne ne pourra nous arrêter. Car lorsque ces gens massacraient un million de Tusti au Rwanda, vous n'êtes pas venus les arrêter, et nous avons fait le travail tous seuls". L'argument n'est pas nouveau, et il faisait taire certaines bouches il y a quelques années seulement. Peut-il opérer cette fois encore ? En tout cas, le Rwanda mise dessus... Etrange ressemblance avec ce qui se passe au moyen-orient entre Israel et ses voisins (Iran, Palestine, Liban...) ! Et le monde est souvent anéanti, réduit à observer, lorsqu'il approuve pas les actions de la partie "historiquement victime" carrément.

Le Rwanda maintient par la même occasion une pression permanente sur le gouvernement congolais, qui va entamer cette semaine des pourparlers avec le M23. Son message semble être tout simple : "faites pas le malin, car nous n'entendons pas lâcher la partie tout de suite ; nous pouvons intervenir n'importe quand, sous un autre motif - officiel - cette fois". Qui va l'emporter ? Wait and see !


La source
http://congo-revolution.blogspot.be/2012/12/le-rwanda-menace-dentrer-ouvertement-en.html?spref=fb


MER 5 DÉC 2012AUCUN COMMENTAIRE

Monday, December 3, 2012

JOSEPK KABILA K.: LA CARTE QUI JOUE ET GAGNE!!!


M23: Rébellion de façade et d’un cynisme qui interpelle les Congolais?

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M23: Rébellion de façade et d’un cynisme qui interpelle les Congolais?
 
Par Thierry Nlandu Mayamba, Professeur à la Faculté des Lettres, Université de Kinshasa.
Sur fond d’une manipulation grandeur nature, une tragicomédie n’est-elle pas actuellement en train de se jouer en RDC avec comme acteurs les Présidents Kagame du Rwanda, Museveni de l’Ouganda et Kabila de la RDC ? En effet, les trois Présidents ne s’évertuent-ils pas à flouer les Congolais et la communauté internationale en construisant une rébellion de façade bâtie sur l’histoire d’une rébellion passée afin de créer l’illusion du vrai et du salut auprès de la population congolaise ? Pour y arriver plusieurs stratégies qui rivalisent de créativités s’entrechevêtrent ?
1. Des récits d’un passé récent pour distraire les Congolais
La première stratégie consiste à faire croire aux Congolais que l’histoire se répète. En effet, depuis le début de cette rébellion, la chanson que l’on répète à travers les médias est celle d’une histoire qui se répète ! « Oui, semble-t-il, l’histoire se répète. C’est le chant du signe pour Kabila ! Qui prend le pouvoir par la violence ne doit s’attendre qu’à la violence pour lui arracher le même pouvoir ! Ce fut vrai pour Mobutu, chassé comme un vulgaire chien par Kabila et abandonné par tous ceux qui nationaux comme étrangers, il a servi plus de 30 ans durant ! Ce fut vrai pour Kabila père et tous les siens du célèbre conglomérat AFDL qui furent, le temps d’un rêve cauchemardesque,  bercés par un pouvoir qui leur est tombé dans les bras au moment où ils s’y attendaient le moins, au crépuscule de leur vie sur terre. C’est vrai pour Kabila fils dont l’accès et le maintien au pouvoir restent marqués par des actes de violences et de fraudes électorales qui, à chaque fois, ont remis en question sa légitimité. Etrange, comme le passé devient présent avec la prise de Goma par des rebelles qui comme hier étaient et sont soutenus par le Rwanda et l’Ouganda d’après le vuvuzela du vuvuzelateur national. « Goma ne tombera pas » ! Goma est tombé ! « Nos troupes ont fait un repli stratégique sur Sake » ! Sake est tombé ouvrant grandement les portes de Bukavu ! « Les Nations Unies condamnent vivement la rébellion » ! « Les Belges et les Français demandent la révision de la mission de la Monusco » !
Etrange le scénario reste le même que celui qui a conduit Kabila Père jusqu’à Kinshasa. Kabila, comme Mobutu hier ne sait plus à quel Saint se vouer. Il ressemble à cette personne qui se noie et s’accroche à la première feuille qui flotte sur l’eau croyant qu’il s’agit d’un tronc d’arbre qui peut l’aider à se maintenir en surface. Ses choix d’actions sont d’une maladresse à faire pleurer ses proches et tous les Congolais. »
 
2. Donner l’image d’un Président victime d’un complot venu des voisins
La conférence de presse où  le Président Congolais appelle à la mobilisation générale fait partie de cette manœuvre dilatoire. Visiblement, il s’agit d’une pénible et douloureuse tentative de convaincre les Congolais à s’aligner derrière lui pour mener un combat dont ils ne réalisent pas les contours. Sincèrement, je ne sais pas si quelqu’un a pu sentir une quelconque détermination ou engagement ne fut-ce que dans la voix du Président. En effet qui a senti la nécessité de se mobiliser après une si molle prestation qui cachait mal un Président à genoux qui allait se rendre à Kampala pieds et poings liés.
Etrange, le scénario reste le même avec un Président en quête de légitimité et qui tente vainement d’utiliser cet évènement pour embarquer le peuple dans son action. Il est alors dérangé par la tournure que le peuple offre au même évènement, organisant des manifestations contre la rébellion mais aussi contre son régime. Il faut vite mettre fin à ce mouvement. D’où la répression à Kinshasa, à Kisangani et à Bukavu. Il ne faut surtout pas que le mouvement s’étende dans les autres provinces. La tentative de victimisation n’a pas convaincu les Congolais. Ils ont vite compris l’ironie de cette rébellion de façade.
En effet, l’ironie de cette rébellion qui est l’œuvre de Kagame et de Museveni c’est qu’elle est un parfait exemple de la thérapie du choc et du chaos, administrée sur un membre du gang qui a tendance à ne pas obéir afin de le réduire en victime et lui recommander comme médecin son propre bourreau. N’est-ce pas le message que véhicule ce voyage rapide à Kampala ?
La rébellion du M23 n’est rien d’autre qu’un acte de rappel à Kabila qui ne doit pas croire qu’il peut devenir acteur sur le damier congolais. Kagame et Museveni lui tapent tout simplement sur les doigts et lui font savoir qu’il n’est qu’un pion que l’on peut à tout moment retirer de l’échiquier congolais comme hier avec son Père ou encore NKunda Batware et autre Ntaganda. Le message est clair : « ne te laisse pas enivrer par les avoirs auxquels nous te permettons d’avoir accès en RDC et surtout pas par l’opportunisme des acolytes congolais que nous associons au pouvoir que tu gères par délégation. Sinon….. ». Est-ce ce qui explique la visite précipitée de Kabila   à Kampala pour y rencontrer les réels détenteurs du pouvoir en RDC et surtout vers les deux promoteurs d’une rébellion chantage qui maquillerait son réel objectif en annonçant l’objectif émotionnel de la prise prochaine de Kisangani avant la descente sur Kinshasa ?
Ainsi, alors que la ville de Goma « est tombée », Kabila trouve que l’action diplomatique d’envergure qu’il doit entreprendre c’est de rencontrer Kagame et Museveni donnant à l’opinion congolaise, l’image d’un président impuissant si pas complice dont les deux autres se font la peau avec délectation ! Etrange diplomatie que celle dont les dirigeants et le pays tout entier se font baiser au propre comme au figuré !
Personnellement, je n’en crois pas mes yeux, car tout ceci ressemble à une manipulation grandeur nature orchestrée par le Rwanda et l’Ouganda avec la complicité du Président Congolais qui est apparu lors de cette rencontre comme un agent en disgrâce qui s’est fait tapé dessus parce que n’ayant pas accompli comme il se devait la mission qui lui avait été confiée.
En effet :
  • Comment expliquer le communiqué conjoint des trois conjoints demandant au M23 d’arrêter son action et de se retirer de Goma ?
  • Comment comprendre ce communiqué commun qui affirme que le retrait de Goma se ferait selon le plan qui sera soumis par les trois compères ?
  • Comment comprendre que les représentants de M23 se rendent à Kampala pour négocier avec le Président Museveni ?
  • Comment comprendre que le Président Kabila réserve la primeur de ses révélations sur l’implication du Rwanda et de l’Ouganda aux deux Pays accusés de soutenir le M23 ?
  • Comment comprendre que les deux compères Museveni et Kagame ordonnent au Président Kabila de négocier avec le M23 ?
  • Comment comprendre que ce dernier donne son accord sans avoir consulter le peuple congolais à travers son Parlement, un Parlement à qui il a visiblement refusé de livrer les tenants et les aboutissants de cette rébellion de façade sur ordre sans doute des deux commanditaires et de peur de mettre à nu l’accord secret de balkanisation du Kivu conclu le 23 mars 2009.
Encore une fois, le Président préfère les huis-clos en lieu et place du parlement congolais et des forces vives de la R.D.Congo. Encore une fois, il préfère étrangement éviter de traiter, dans la transparence, les problèmes qui touchent à la souveraineté de la R.D.Congo. Et en définitive, tout ce balai à Kampala ainsi que les communiqués conjoints n’ont eu pour objectifs que de dédouaner Kigali et Kampala qui peuvent réaffirmer que cette rébellion est une affaire interne et que c’est en « bon samaritains » qu’’ils viennent au secours de Kinshasa! D’ailleurs, les analystes avertis se rendront compte que le vocable désignant les rebelles a changé, le temps de ces communiqués conjoints assassins de la thèse congolaise de l’implication du Rwanda et de l’Ouganda. Les « rebelles du M23 » sont curieusement devenus « les mutins du M23 ». Comprenne qui pourra.
 
3. Que doit négocier Kabila avec le M23 ?
Au sortir de la rencontre de Kampala, il apparaît clairement que le Président Kabila revient en RDC avec des recommandations claires sur la poursuite de la mission qui lui a été confiée par ceux qui portent son pouvoir à bout de bras. Il s’agit tout simplement de mettre en pratique l’accord du 23 mars 2009  et particulièrement :
v     D’octroyer un statut spécial aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, qualifiées dans l’accord comme ‘’Zones Sinistrées ».
v     De transformer le M23 en parti politique comme ce fut le cas avec le CNDP
v     D’intégrer sa milice au sein de l’armée congolaise
v     De résoudre les conflits locaux entre Congolais rwandophones et les autres regroupés au sein d’une ethnie sans nom pour faire deux ethnies en conflits comme au Rwanda
v     D’organiser le retour des réfugiés présents dans les pays voisins sans citer lesquels ni définir comment en leur octroyant en prime la nationalité congolaise.
v     De créer une police de proximité qui n’est autre qu’une police tribale et ethnique sur base des réalités sociologiques pour assurer la sécurité des réfugiés et des personnes déplacées
v     De créer une unité de police spéciale, Force spéciale d’intervention pour épauler la police de proximité en cas de besoin.
 
4. Les acteurs en action dans la finalisation du projet de balkanisation des Kivus
Pour finaliser cette nouvelle étape de la mission, la technique reste la même, celle du génocide rwandais. « Il ne faut pas casser le verre qui est plein pour le vider. Tu risques d’attirer l’attention du monde entier. Il faut vider le verre à la petite cuillère ». La balkanisation des Kivus se fera à petits coups en veillant à ce qu’à chaque étape on ne renonce pas aux acquis d’hier !
Dans cette démarche plusieurs forces tant internes qu’externes entreront ou sont mêmes déjà entrés en jeu en trouvant chacun son compte :
v     La communauté internationale qui s’est déjà offerte un marché dans le cadre de a viabilisation des zones de retour poursuivra ses investissements dans les projets d’adduction d’eau, construction des prisons, hôpitaux, écoles, routes dans les zones sinistrées par les milices et abandonnées par les congolais, tous des projets au bénéfice des retournés Tutsi qui viendraient du Rwanda et de par le monde avec la nationalité congolaise en prime.
v     La Monusco trouvera son compte dans le nouveau mandat qui lui permettra de se la couler douce pour de longues années dans cette partie de l’Afrique. Dans les jours prochains, et fidèle à son nouveau mandat de stabilisation et de consolidation et de protection des intérêts économiques des lobby nationaux, régionaux et internationaux en activité dans la « zone sinistrée », la Monusco organisera, formera et équipera la nouvelle police de proximité et les forces de sécurité. Elle pourrait même se transformer en Monuski ; la communauté internationale ne le verrait pas d’un mauvais œil !
v     Le Rwanda et l’Ouganda pourront créer une colonie de peuplement dans les Kivus et exploiter les richesses du sol et sous sol de cette contrée.
v     Le Rwanda et l’Ouganda pourront fournir le gros des effectifs et l’équipement des membres de la nouvelle police spéciale et ceux de la police de proximité afin de protéger les nouveaux occupants.
v     Les commerçants et autres acteurs politiques congolais des Kivus, avides de l’argent facile se contenteront des miettes que des réseaux commerciaux déjà en activité leur offrent et continueront à assurer.
v     Sur le plan national, les quelques parlementaires et autres politiciens thuriféraires passeront leur temps à accuser les opposants de traitrise et chanteront la victoire de la diplomatie directe du Chef de l’état qui aura réussi à sauver la paix si pas leur régime en cédant carrément les deux Kivus en lieu et place des 300 km jadis conclus avec l’AFDL dans l’accord de Lemera.
 
5. Quid des Kivus et des populations autochtones vivant dans la « zone sinistrée »
Si l’action du M23 s’arrête à Bukavu et se limite aux deux Kivus, ce scénario signifiera tout simplement que le M23 est effectivement l’émanation du Rwanda et de l’Ouganda et démontrera clairement qu’elle ne fera que la volonté de ses commanditaires. Ceci confirmera aussi ce que nous savons tous déjà que  la direction du pays avait depuis belle lurette échappée aux Congolais dont les dirigeants ne sont que des marionnettes d’un pouvoir dont les animateurs sont Kagame et Museveni.
Ce scénario érigera les Kivus en « Palestine » avec un « Hamas » fait de groupuscules de mouvements animés par tous ces autochtones qui ont ralliés le M23, trompés par le message mobilisateur d’une rébellion dont le but ultime serait le renversement du pouvoir de Kinshasa. Très vite tous ceux qui ont cru au mouvement se rendront compte de la méprise, car ils se seront vite aperçus qu’il était bien naïf de croire que la chute du régime de Kinshasa, le respect des droits de l’homme et le respect de la vérité des urnes pouvaient être au cœur de l’action de Kagame et Museveni. Il suffit, à ce sujet, d’analyser les conclusions de la rencontre de façade de Kampala.
Floués, les « rebelles » ou mieux « les mutins » congolais du M23 rejoindront les rangs des autres Congolais dans les différents groupes Mai-Mai renforçant ainsi le « Hamas kivutien » et contribuant ainsi à la construction de l’identité nouvelle dont les leaders rwandais au pouvoir rêvent depuis le génocide Tutsi : « Rwanda, l’Israël du continent noir » !
Dans cette perspective, les Kivus deviendraient des terres de peuplement du peuple Tutsi dont il faudra assurer la sécurité par une présence militaire rwandaise acceptée par la communauté internationale. Les politiques américains, belges, anglais, allemands, français et autres ainsi que les hommes d’affaires  attirés par les juteux revenus des exploitations minières veilleront à ce que la sécurité du nouvel « Israël » soit assurée. La Monusco, quant à elle, aura comme beau rôle celui de stabiliser les deux Kivus érigés, désormais,  en un état que l’on ne s’empêchera pas de baptiser dès qu’il aura perdu son statut de « zone sinistrée ».
Ce scénario marquera le début de la Balkanisation de la RDC, une balkanisation qui s’inscrit dans un long processus rythmé par les coups d’acteurs nationaux, régionaux et internationaux  et surtout par le silence et la peur des parlementaires et des forces vives congolaises toutes tendances et ethnies confondues. Demain, la RDC sera rayée de la carte de l’Afrique parce que c’est la seule contrée que les puissants du monde ont oublié de se partager ! Sans Berlin II, le Congo sera dépecé et ses populations vivront en errance sur des terres qui, jadis, leur appartenaient.
Que Dieu protège le Congo !
  
 
Zadain
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ACTIVITÉS RÉCENTES:

Saturday, December 1, 2012

LU POUR VOUS!


Goma en cinq questions

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1. Quelle est la situation sur le terrain ? Pressées de quitter Goma après l’ultimatum formulé à Kampala par les présidents de la région, les forces militaires du M23 devraient avoir quitté Goma ce week end. Elles y sont poussées aussi par le débarquement de 500 policiers congolais, arrivés par bateau, par le prochain redéploiement d’unités des forces gouvernementales et aussi par la perspective d’une arrivée prochaine des premiers éléments de la « force neutre » africaine, soit 800 militaires tanzaniens appuyés par une logistique sud africaine. Ce retrait s’accompagne de pillages massifs : bâtiments officiels vidés de leurs ordinateurs, maisons des autorités de l’Etat pillées, véhicules, qu’ils appartiennent à des particuliers ou des administrations emportés. Lorsque le propriétaire refuse, il est menacé de mort, lorsque la clé manque, une rafale dans le moteur paralyse l’engin. Assiégée par les pillards, la Banque centrale a résisté : des sacs ont été emportés mais le coffre n’a finalement pas pu être forcé. Selon des témoins, les biens pillés ont été emmenés vers Kibumba, au nord de Goma et mis en lieu sûr au Rwanda tandis que des jeunes gens, venus de Gisenyi, ont traversé la frontière pour « se servir ».
2. Le retrait de Goma signifie-t-il un échec pour le M23 ? Alors que les militaires du mouvement ont obéi aux ordres venus de Kigali et de Kampala, l’aile politique a voulu pousser l’avantage, récupérer les griefs de l’opposition pour élargir sa base et susciter des ralliements, remettre en cause le chef de l’Etat. La prochaine négociation avec Kinshasa portera sans doute sur des questions de grades et d’affectations militaires, l’ « armée dans l’armée » restera en place pour quelque temps encore mais les acquis risquent de peser moins lourd que les blâmes : même les Tutsis congolais n’ont pas été unanimes à suivre le mouvement et la région l’a désavoué ; quant à l’opinion congolaise, même si elle se montre critique à l’encontre du président, elle n’a pas pour autant soutenu les rebelles.
3. Quel fut le rôle de la communauté internationale ? Sans avoir pu empêcher la chute infamante de Goma, elle n’est pas restée inactive. Du côté occidental, même les Britanniques ont suspendu leur aide au Rwanda, Hillary Clinton a eu des mots de blâme très durs, la France a rédigé les résolutions du Conseil de sécurité, amendées par l’américaine Susan Rice. Quant à la Belgique, elle s’est payée de mots, mais n’a rien entrepris de concret pour peser sur les évènements, réussissant à la fois à mécontenter le Rwanda et à décevoir Kinshasa. Par contre, les pays africains voisins du Congo ont déployé une activité intense : cinq réunions de chefs d’Etat à Kampala, préparation d’une force neutre dont la Tanzanie prendra la tête, pressions multiples de la diplomatie parallèle assorties de la menace d’une internationalisation du conflit, qui aurait vu débarquer à Goma Angolais et Tanzaniens. Quant à la Monusco, elle n’a empêché ni la chute de Goma ni les pillages mais l’engagement de ses hélicoptères de combat a été plus « robuste » que par le passé et des vols de reconnaissance surveillent désormais le M23.
4. Le président Kabila sort-il affaibli ou renforcé ? La défaite de son armée, minée par les trahisons à tous les niveaux, -malgré la performance de certains bataillons- a considérablement affaibli le chef de l’Etat, qui a même été soupçonné de complicité avec les rebelles via son chef d’Etat major, Amisi Tango Fort, qui a fini par être suspendu. La crise a révélé aussi l’ampleur des critiques à l’encontre du président, son manque de charisme, les défauts de sa gouvernance, les multiples affaires non résolues. Cette décrébibilisation a été accélérée par le travail de sape mené par les rebelles et leurs alliés rwandais, qui ont répandu des accusations fausses, soudoyé des groupes armés au Kivu et dans d’autres provinces, tenté de séduire des personnalités de l’opposition. Cependant, Joseph Kabila en a vu d’autres : s’il a reculé, -comme il l’a déjà fait maintes fois- c’est aussi pour mieux se remettre en piste, même si ses atouts s’inscrivent en négatif : aucun successeur possible ne se distingue au sein de la classe politique, les pays africains, dans leur grande majorité, le soutiennent et ne remettent pas en cause le résultat des élections. Quant au Rwanda et à l’Ouganda, s’ils veulent affaiblir Kabila pour extorquer des concessions et l’empêcher de restaurer la pleine souveraineté de l’Etat au Kivu, ils ont désavoué les rebelles qui rêvaient d’aller jusqu’à Kinshasa imposer un changement de régime. L’homme a reçu des coups certes, il a été mis dans les cordes, mais même KO, il est resté debout.
5. Le Rwanda a-t-il gagné quelque chose ? A court terme, les alliés du M23 obtiendront quelques concessions au Kivu : le glacis sécuritaire se maintiendra, l’accès aux ressources aussi, le retour des réfugiés congolais présents au Rwanda (vrais ou faux) pourrait s’accélérer, l’impunité sera préservée. Mais à terme, l’image du pays est ternie, les manœuvres ont été déjouées et les mensonges éventés, les yeux des amis occidentaux se dessillent en dépit des succès économiques. Certes, les Africains ont porté le Rwanda au Conseil de sécurité mais les illusions se sont évanouies et à l’intérieur du Congo, il faudra à nouveau des années d’effort pour effacer le souvenir de l’agression et de l’humiliation et restaurer un minimum de confiance.
30 novembre 2012

Le 11h02 : ” La souveraineté nationale, c’est tout l’enjeu de Goma “

Les rebelles du M23 s’apprêtent à quitter leurs positions fraîchement conquises dans l’Est du Congo. Que laissent-ils derrière eux ? Quel impact a eu leur action ? Revisionner ci-dessous la vidéo du 11h02.
28 novembre 2012

Les rebelles ont réussi à vider la Banque centrale

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Fric-frac à la Banque centrale
Par prudence, les banques privées de Goma avaient veillé à ne pas détenir dans leurs coffres trop de liquidités et comptaient sur la Banque centrale pour assurer leur approvisionnement. Les rebelles ne s’y sont pas trompés : dès dimanche, ils ont donné l’assaut à l’établissement. Mais dans un premier temps, ils n’ont pas réussi à forcer des coffres dont ils ignoraient les codes d’accès. Selon un témoin oculaire, les assaillants se sont alors acharnés, faisant venir de Kampala (Ouganda) du matériel plus puissant ainsi que des spécialistes qui se sont dotés de groupes électrogènes pour pouvoir opérer de nuit également. D’après le ministre de l’information Lambert Mende, la tentative de « fric frac » est restée infructueuse jusque mardi soir, mais au cours de la journée de mercredi, elle a réussi. Selon un banquier de la place, les coffres ont été éventrés et vidés, leur contenu, placé dans des caisses, a été placé dans des véhicules qui ont pris la route du Nord Kivu.
Alors qu’elles pensaient rouvrir leurs portes, les banques privées, par manque de liquidités, sont demeuré fermées mercredi.
Par ailleurs, des civils, sympathisants du M23, ont été placés dans les administrations publiques, entre autres aux Finances.
28 novembre 2012

Goma observe le retrait des rebelles

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Goma retient son souffle. Malgré les déclarations contradictoires des dirigeants politiques et militaires de la rébellion, tout indique que, dans la journée de mercredi, les hommes du M23 ont commencer à évacuer la ville. Les premiers groupes ont regagné leurs fiefs de Rutshuru et du Masisi, et d’autres se sont installés à une vingtaine de kilomètres de la ville et à proximité de l’aéroport, ainsi que les chefs d’Etat africains réunis à Kampala durant le week end leur en avaient donné l’ordre. Si les militaires étaient peu visibles en ville, par contre la présence de nombreux policiers suscitait bien des questions. Plusieurs dizaines de policiers –en uniforme de la police nationale et dotés d’armes- auraient été envoyés de Rutshuru jusque Goma et aux yeux de nombre d’habitants, il s’agît de militaires déguisés, revêtus d’uniformes volés ! Par ailleurs, des policiers gouvernementaux circulent également, et les civils les identifient au fait qu’ils sont dépourvus d’armes.
D’après le porte parole militaire du mouvement, le colonel Sultani Makenga, le retrait des troupes, entamé mercredi, pourrait être terminé d’ici vendredi. Outre la pression diplomatique, une autre raison pourrait expliquer le départ des militaires : selon certaines sources, dans le cadre de la « force neutre » que les pays de la région ont convenu de déployer deux compagnies de militaires tanzaniens sont attendues incessamment à Goma, tandis que les forces armées congolaises, basées à Minova, sur la route de Bukavu, menacent elles aussi de faire mouvement.
Le retrait des militaires suscite d’ailleurs bien des contradictions au sein du mouvement rebelle. Certains combattants, stimulés par la victoire, auraient voulu étendre leurs lignes jusque Bukavu et, dans le Nord Kivu, jusque Beni.
Mais surtout, les « politiques », entraînés par leur porte parole, Jean-Marie Runiga, à la veille d’une éventuelle négociation avec le président Kabila, tentent de faire monter les enchères et de poser des exigences politiques, afin de rallier de vastes secteurs de l’opposition congolaise. Ratissant large, le M23 élargit ses revendications à des questions de démocratie et de droits de l’homme, exigeant l’arrestation du général Numbi, mis en cause dans l’affaire Chebeya, une enquête sur l’attentat manqué contre le Docteur Mukwege à Bukavu, la dissolution de la Commission électorale indépendante, et le rétablissement de la liberté de mouvement d’Etienne Tshisekedi.
Si ces revendications peuvent être légitimement présentées au régime de Kinshasa, qui aurait d’ailleurs intérêt, pour sa propre survie, à les prendre en compte au plus tôt, il est assez piquant de les voir relayées par un mouvement qui a pris les armes en bénéficiant du soutien d’un pays voisin, qui compte en ses rangs plusieurs officiers visés par la justice internationale pour crimes de guerre ou recrutement d’enfants- soldats. Sur le terrain, le comportement des mutins infirme d’ailleurs les appels à la « bonne gouvernance » prônés par leurs dirigeants. Plusieurs sources en effet nous ont confirmé que des dizaines de véhicules appartenant aux administrations publiques (Office des routes, autorités provinciales) ou à de simples particuliers qui étaient sortis imprudemment, avaient été confisqués et emmenés par les rebelles dans leur place forte de Rutshuru. Depuis Kinshasa, le porte parole du gouvernement Lambert Mende, a déclaré que ces véhicules volés, jeeps et camions semi-remorques, avaient été emportés au Rwanda et que des stocks de minerais qui avaient été saisis par les services de l’Etat ont eux aussi traversé la frontière. Ces pratiques rappellent la mise à sac du Kivu qui avait été opérée lors de la première ou le la deuxième guerre du Congo, lorsque les forces ougandaises et rwandaises avaient, par avions entiers, rapatrié les butins saisis au Congo.
Lorsque le retrait de Goma sera effectif, restera à appliquer l’autre volet des engagements pris à Kampala : le président Kabila devra entamer avec les rebelles des négociations sur les points qui avaient été jugés « légitimes » par les chefs d’Etat africains réunis dans la capitale ougandaise
26 novembre 2012

Goma fait la morte face aux rebelles

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Alors qu’expirait l’ultimatum émis dimanche à Kampala par la Conférence internationale des pays des Grands Lacs (CIRGL) enjoignant aux rebelles du M23 de quitter dans les 48 heures la capitale du Nord Kivu, Goma a connu une journée de calme inhabituel. Les commerçants ont gardé leurs boutiques fermées et tous les propriétaires de véhicules se sont abstenus de circuler. « Nous craignons qu’avant de quitter la ville sous la pression internationale, les rebelles ne tentent de s’emparer d’un maximum de biens » nous a assuré, par téléphone, un « bourgeois » de Goma, précisant que les jours précédents, « des dizaines de véhicules publics avaient été emportés : une quarantaine de camions que l’Union européenne avait donnés à l’Office des routes, des voitures offertes par la Chine à la mairie de Goma, une trentaine de jeeps destinées aux députés provinciaux. Ces véhicules auraient été emmenés vers le Nord, en direction de Kibumba puis de Rushuru, le fief des rebelles. »
Quant aux banques de la place, elles sont restées fermées elles aussi, craignant d’être dévalisées, et cela malgré les objurgations du M23 qui avait sommé les opérateurs économiques de reprendre leurs activités. Certains établissements avaient été attaqués par les militaires, mais ces derniers sont repartis bredouilles, les liquidités étant, pour l’essentiel, logées à la Banque centrale dans des coffres dont les codes n’étaient en possession que d’une dizaine de personnes, qui ont toutes pris la fuite. Par contre, de nombreux témoins nous ont relaté des actes de pillage : « dans des camions et des jeeps, on a chargé jusqu’aux WC et aux lavabos et les entrepôts de l’OFIDA (Office des douanes) ont été vidés par les rebelles». En outre, une trentaine de magistrats ont préféré fuir Goma pour Bukavu, d’où ils ont été acheminés sur Kinshasa. Quant au gouverneur du Nord Kivu, Julien Paluku, il s’est réfugié dans la capitale tandis que l’administration provinciale s’est repliée sur Beni.
Les écoles de Goma sont elles aussi restées fermées, dans la crainte que les garçons soient recrutés de force comme enfants-soldats.
Cette crainte est renforcée par de nombreuses disparitions inexpliquées et certaines informations relèvent que des jeunes garçons auraient été enlevés et amenés dans le camp militaire de Rumangabo pour y recevoir une formation militaire. Quant aux défenseurs des droits de l’homme et aux militants de la société civile, ils vivent dans la terreur, redoutant de faire l’objet d’exécutions ciblées.
La situation économique de Goma a été aggravée par l’arrêt du trafic sur le lac Kivu, tous les bateaux faisant la navette entre Goma et Bukavu ayant été mis à l’abri dans la capitale du Sud Kivu. Si dans les villes, les prix des denrées alimentaires ont explosé, les habitants de l’île d’Idjui, quant à eux, redoutent la famine, les approvisionnements, qui se faisaient exclusivement par bateau, ayant été stoppés lors de la chute de Goma.
A l’extérieur de la ville, la situation est plus dramatique encore : par dizaines de milliers, des civils fuient dans tous les sens, vers Minova, vers Sake, vers Goma, changeant de direction au fil des combats ou des informations contradictoires et les déplacés sont totalement privés d’eau potable. De tels mouvements de population font redouter une épidémie de choléra, endémique dans la région. Dans la ville de Goma, c’est l’ICCN ( Institut congolais chargé de la gestion des parcs naturels) qui a installé quatre pompes à eau fonctionnant sur générateurs, afin de parer au plus pressé.
Sur le plan militaire, troupes rebelles et gouvernementales se font face à Kirotshe, une localité, avec Minova, représente un « verrou » sur la route de Bukavu.
La situation militaire et politique provoque d’ailleurs des dissensions au sein des forces rebelles : les militaires de l’ « armée révolution du Congo » nouveau nom que se sont donnés les combattants du M23, seraient en opposition avec la branche politique du mouvement, dirigée par le pasteur Jean-Marie Buniga Rugenero. Selon certaines sources, les soldats rebelles, grisés par la victoire remportée à Goma, seraient prêts à s’emparer de Bukavu au Sud et de Béni au Nord alors qu’ à Kampala, la branche politique du mouvement, moyennant une négociation avec le président Kabila, a été sommée de se retirer jusqu’à 20 km au nord de la ville.
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26 novembre 2012

Trop facile de crier haro sur la Monusco

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Face au désastre militaire, politique et humain que représente la chute de Goma et la reprise de la guerre au Kivu, l’unanimité est facile : chacun s’emploie à crier haro sur la Monusco, la Mission des Nations unies chargée de stabiliser le Congo. Censés empêcher que la ville tombe aux mains des rebelles, les Casques bleus auraient dramatiquement échoué et, de tous côtés, on exige désormais que leur mandat soit, une fois de plus, durci et renforcé. La réalité est cependant plus complexe que le simple constat d’échec : indispensable partenaire de la force onusienne, il se confirme que l’armée congolaise est minée de l’intérieur. Au fil des accords de paix successifs garantissant l’impunité, elle a été infiltrée par des personnages douteux, liés à des réseaux mafieux internes ou à des forces étrangères. Il a fallu qu’un rapport d’experts le mette nommément en cause et l’accuse d’avoir vendu des armes pour que le chef de l’armée de terre, le général Amisi, numéro deux des forces armées, soit enfin suspendu par le président Kabila. Aux côtés d’un tel allié, que pouvait faire l’ONU ?
Par ailleurs, aucun pays occidental n’entend fournir de troupes à la Monusco, ce qui oblige les Nations unies à recruter en Inde, au Népal, au Pakistan, des hommes qui n’ont aucune affinité avec l’Afrique centrale et surtout aucune envie, quel que soit le mandat de leur mission, de mettre leur vie en danger. Dans le cas de la Belgique, les conclusions de la commission Rwanda recommandent de ne plus envoyer de troupes dans nos anciennes colonies. Pourquoi faut il que la lâcheté qu’a représenté le retrait des 500 Casques bleus belges qui se trouvaient à Kigali en 1994 justifie, aujourd’hui encore, une autre lâcheté, l’abandon des Congolais ? Car si des militaires belges pouvaient être déployés au Kivu, dans le cadre ou non des Nations unies, ils pourraient certainement y tenir un rôle dissuasif, dotés qu’il seraient d’un capital de confiance et d’une capacité de renseignement bien supérieurs aux atouts dont ils disposaient en Afghanistan.
Et même si la Belgique refuse toujours de déployer des hommes au sol, pourquoi ne fournit elle pas à l’ONU l’appui de ses drônes, des engins qui pourraient photographier la frontière entre le Rwanda et le Congo, avec bien plus d’efficacité qu’une hypothétique « force neutre » ?
22 novembre 2012

Nord Kivu: vers un basculement? .

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Alors que les habitants de Bukavu craignaient l’arrivée des rebelles du M23 dont les premières colonnes étaient signalées à Katana, la situation semble avoir basculé, tant sur le plan politique que militaire. Le M23, qui se trouvait à Sake, au nord de Goma, en a été chassé par les forces gouvernementales alliés à des groupes Mai Mai, après trois heures de combat. Du côté congolais, on assure que les militaires rwandais, après avoir soutenu les rebelles, ont repassé la frontière jeudi tandis que des bombardements congolais sur la ville rwandaise de Gisenyi, en milieu de semaine, auraient fait des victimes. Mais la bataille est surtout diplomatique: alors qu’il se préparait à tenir une conférence de presse à Goma, le président du M23, Jean Marie Runiga, est brusquement parti pour Kampala, rappelé par le président Museveni. Rappelons que la veille, les trois présidents, Kabila, Kagame et Museveni, avaient appelé le mouvement rebelle à se retirer de la ville de Gomaet à stopper l’offensive tandis que le M23, de son côté, exigeait un dialogue avec le chef de l’Etat, portant sur des revendications d’ordre militaire mais aussi sur des problèmes de gouvernance et de démocratie.
En début de soirée, on s’attendait à ce que le M23 annonce son retrait de Goma, à la suite de fortes pressions exercées qui auraient été exercées par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon dans un message personnel aux deux présidents.
Il apparaît aussi que les pays de la SADCC (conférence des Etats d’Afrique australe) n’entendaient pas rester indifférents face aux développements de la situation au Kivu et au risque de déstabilisation à Kinshasa et que des pays comme l’Angola ou le Zimbabwe auraient accéléré des plans d’intervention directe. Cette internationalisation de la guerre aurait fait reculer la région d’une décennie, au temps où six armées africaines s’affrontaient en terre congolaise. Un risque que nul ne voulait prendre. Restera à savoir, si les hostilités devaient prendre fin, quel aura été le prix consenti par le président Kabila.
21 novembre 2012

Deux hommes sur un fil tendu

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Deux hommes sur un fil tendu
Durant deux heures, deux hommes en danger, les présidents Kabila et Kagame, se sont entretenus à Kampala, en tête à tête et le lendemain, en compagnie de leur hôte, le président Museveni, ils ont appelé le mouvement rebelle M23 à se retirer de Goma.
A première vue, le président du Rwanda, Paul Kagame, est le plus sûr de lui. Officiellement, il n’est pour rien dans les ennuis de son voisin et propose même ses bons offices politiques. En réalité, nul n’est dupe et chacun sait que le M23 n’est que l’ombre portée du pouvoir rwandais. Même si les blâmes sont encore feutrés et les sanctions timides, l’aura du Rwanda est entamée, les rapports des experts ont relativisé les succès économiques du pays, les liant à l’exploitation des ressources congolaises. Le « bon élève » est désormais montré du doigt. Mais Kagame, même si à Kampala il les a ouvertement désavoués, a-t-il un autre choix que soutenir en sous main les rebelles du Congo ? Son pouvoir est moins homogène qu’on ne le croit : à l’heure où le passage à l’opposition des généraux Kayumba et Karegeya, anciens piliers du Front patriotique, a affaibli les cercles du pouvoir, le soutien des officiers francophones est plus indispensable que jamais. Et ces derniers entretiennent avec les Tutsis du Kivu des liens d’affaires, de famille, de solidarité. Si Kagame devait être « partie de la solution » et abandonner ses harkis congolais, cela pourrait lui coûter cher sur le plan intérieur.
Mais des deux hommes, c’est sans contexte le président du Congo, Joseph Kabila, qui est dans la plus mauvaise posture, à très court terme, humilié qu’il est par la chute de Goma et de Sake aux mains de la rébellion du M23. A travers le Congo, les manifestations se multiplient, elles dénoncent l’impuissance des Nations unies mais surtout l’incurie d’un pouvoir extraordinairement discrédité, accusé d’incapacité, d’indifférence mais aussi de félonie. A Kinshasa, le chef de l’Etat pourrait être mis en difficulté devant la Chambre et le Sénat, et plus d’une centaine d’élus, au lieu d’en appeler à l’unité nationale, ont préféré réclamer la démission du chef de l’Etat, exigence qui est aussi celle des rebelles.
Sonné par la défaite, Kabila doit choisir entre deux dangers : ou bien il négocie avec le M23 et répond, s’il n’est pas trop tard, à certaines de ses revendications (les grades, les soldes mais surtout le maintien d’une « armée dans l’armée » et la garantie de l’impunité) et il se soumet aux ukases politiques. Un tel choix, inévitablement, confortera l’accusation de trahison, de collusion avec l’ennemi.
Ou alors le chef de l’Etat, garant de l’intégrité de la nation et des institutions, oppose aux rebelles une fin de non recevoir, refuse leur réintégration autant qu’une négociation imposée par la force des armes, largement étrangères de surcroît. Cette position est déjà celle du premier ministre, qui déclare que le Congo a perdu une bataille, mais pas la guerre. Dans ce cas, tout pourrait s’accélérer : déjà les habitants de Bukavu se terrent, attendant la chute de leur ville, des groupes armés « dormants » ou dispersés apparaissent dans d’autres provinces, des opposants descendent dans la rue à Kinshasa et dénoncent le régime. A toutes fins utiles, des ambassades, préparant le scénario du pire, peaufinent des plans d’évacuation. Mais le pire est-il inévitable ? A Kinshasa, on rappelle que, voici deux semaines, l’ambassadeur d’Angola avait déclaré que son pays ne permettrait jamais que l’on porte atteinte à l’intégrité du Congo tandis que les représentants de la SADC (Conférence des Etats d’ Afrique australe), après enquête à Goma, s’étaient déclarés convaincus de l’implication étrangère.
De Tombouctou, où les Etats d’Afrique de l’Ouest se préparent à intervenir contre les islamistes, à Goma qui pourrait bénéficier de la sollicitude armée de l’Afrique australe, les organisations régionales africaines, tirant la leçon de l’impuissance onusienne et de l’hypocrisie occidentale, pourraient représenter un élément imprévu…
21 novembre 2012

Cinq questions après la chute de Goma

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Symboliquement, que représente la chute de Goma ?
Une humiliation pour plusieurs acteurs, vvoilà ce que signifie la prise de Goma. En premier lieu pour l’armée congolaise, car même si plusieurs bataillons se sont bien comportés et ont remporté des succès initiaux, la logistique n’a pas suivi, les ordres ont été contradictoires. D’où le soupçon de trahison à l’encontre de la hiérarchie. Humiliation aussi pour le pouvoir de Kinshasa, qui avait refusé avec hauteur toute négociation avec les rebelles, mais sans avoir réellement les moyens d’une solution militaire.
Humiliation surtout pour la force onusienne, la plus importante et la plus coûteuse jamais déployée, rendue incapable, faute d’un mandat suffisant, de faire face à quelques milliers de rebelles tout comme elle se montre incapable de protéger les femmes victimes de violences sexuelles. La France, en urgence, a proposé de modifier le mandat de la Monusco. Mais est il encore temps ?
Humiliation enfin pour la « communauté internationale » A la veille d’une réunion du « comité des sanctions » de l’ONU, elle s’avère incapable de faire exécuter les mandats d’arrêt de la justice internationale contre les chefs de guerre, incapable de mettre en œuvre des sanctions dissuasives, incapable de faire respecter la souveraineté et les frontières d’un Etat membre, le Congo, incapable de proposer une solution de longue durée.
Humiliation aussi pour la diplomatie belge, tenue pour partie négligeable.
Quelles seront les conséquences de cette défaite militaire ?
Une vague d’indignation et de colère traverse toute la RDC : des locaux de la Monusco ont été attaqués à Kisangani et pourraient l’être à Bukavu, dans tout le pays les étudiants se mobilisent pour manifester dans les jours à venir. Les Congolais se sentent trahis par la communauté internationale mais leur colère se dirige aussi vers Kinshasa. L’opposition, au lieu de privilégier l’unité nationale face au danger de balkanisation du pays, préfère attaquer le chef de l’Etat ; certains de ses représentants ont eu des contacts avec les rebelles. Vital Kamerhe, qui démissionna à la suite des accords de 2009 avec le Rwanda prône aujourd’hui la négociation. Le président Kabila, qui avait réussi à organiser le sommet de la francophonie dans de bonnes conditions, ainsi que le Premier Ministre Matata Mponyo, artisan d’une embellie économique, sortent affaiblis de la crise actuelle : « actionnés » par les rebelles et leurs alliés, de multiples groupes armés se réveillent au Kivu mais aussi au Kasaï et ailleurs, confortant l’image du « chaos congolais » que Kigali s’emploie à promouvoir pour occulter sa propre responsabilité. En outre, la politique de « brassage » et d’intégration de groupes rebelles ayant permis l’infiltration de l’armée jusqu’au plus haut niveau, les militaires sont hantés par le soupçon de trahison, qui s’ajoute à la maladie
chronique – et nationale – de la corruption. Si Kinshasa refuse de négocier, les rebelles pourraient pousser jusqu’à Bukavu et on pourrait assister à une tentative de changement de régime à Kinshasa, le chef de l’Etat ayant déjà échappé à plusieurs tentatives d’assassinat.
Que veulent les rebelles du M23 et leurs alliés rwandais ?
Les revendications initiales des mutins étaient assez simples : ils exigeaient que soient respectés les accords conclus entre Kinshasa et Kigali le 23 mars 2009 prévoyant leur intégration dans l’armée congolaise, des promotions en grade, de meilleurs salaires. En réalité, un certain nombre d’officiers et de militaires issus des anciennes rébellions soutenues par le Rwanda refusèrent leur affectation dans d’autres provinces du Congo. Ils souhaitaient maintenir dans l’Est du pays une sorte d’« armée dans l’armée » et une administration parallèle garante des intérêts sécuritaires et surtout économiques du Rwanda et de certains de ses alliés Tutsis congolais. Après quelques revers, les rebelles, soutenus de l’extérieur, ont haussé le niveau de leurs exigences : ils affirment vouloir lutter contre la corruption, exigent des négociations avec Kinshasa qui incluraient l’opposition politique, la société civile et la diaspora. Ils ne dissimulent plus leur ambition de vouloir renverser le président Kabila et comptent sur le soutien de divers alliés au sein de la classe politique, comme l’ex député Roger Lumbala aujourd’hui réfugié en France. Prônant un changement de régime, ils estiment pouvoir capitaliser sur les faiblesses du pouvoir : des élections contestées, l’affaire Chebeya, les lenteurs de la réforme de la Commission électorale, l’affairisme au sommet de l’Etat, le mécontentement suscité par la politique de rigueur du Premier Ministre. La guerre a aussi bloqué l’arrestation de Bosco Ntaganda et autres criminels.
Comment expliquer l’implication du Rwanda ?
L’implication du Rwanda au Nord et au Sud-Kivu a été longtemps justifiée par des raisons sécuritaires : empêcher les incursions des miliciens hutus et le retour de l’idéologie du génocide, protéger les « cousins » Tutsis congolais. Aujourd’hui les forces hutues (moins de 2.000 hommes) ne représentent plus une menace, les Banyamulenge du Sud-Kivu sont fidèles à Kinshasa. Mais Kigali, sans l’exprimer ouvertement, souhaite que l’Est du Kivu demeure une zone de « souveraineté partagée » et veut pouvoir compter sur une « armée dans l’armée » et sur des alliés politiques locaux. Au cœur de cette ambition, la sécurité, mais surtout l ’économie : le Rwanda fonde son expansion et son rôle au sein de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est (Comesa) sur le fait d’être un « hub » aérien et une plaque tournante pour l’exportation des minerais extraits au Congo (coltan, cassitérite, terres niobium, etc.) La découverte de gisements pétroliers a aiguisé les appétits : la société britannique SOCO (qui a des bureaux à Kigali) a entrepris des prospections pétrolières dans le parc des Virunga au Nord-Kivu. Quant au gisement de pétrole découvert sous le lac Albert, son exploitation devrait être partagée entre l’Ouganda (qui va se doter d’une raffinerie) et le Congo. Mais la nappe se prolongeant jusque Rutshuru, aux mains des rebelles, le Rwanda,
via ses alliés du M23, pourrait revendiquer de prendre sa part du pactole.
Quels sont les scénarios de sortie de crise ? Sous les auspices de la Conférence internationale sur la sécurité dans les grands lacs qui se tient à Kampala, une négociation a déjà commencé de facto, les présidents Kabila et Kagame étant appelés à se rencontrer. S’il veut enrayer une descente des rebelles sur Bukavu, le président congolais devra peut-être lâcher du lest. Mais des concessions le fragiliseront plus encore et il n’est pas certain que le scénario d’un changement de régime puisse être enrayé. Quant à la « communauté internationale » en dépit des pressions britanniques et américaines qui lissent toute résolution onusienne épinglant le Rwanda, elle pourrait, à l’initiative de la France, modifier le mandat de la Monusco, le rendre plus offensif afin d’imposer au Kivu le maintien de l’autorité légale. Des sanctions à l’encontre des soutiens du M23 pourraient être décidées, mais il n’est pas sûr qu’elles fassent fléchir Kigali, qui persiste à nier toute implication. La « force neutre » censée se déployer sur la frontière entre le Rwanda et le Congo, faute de financements et de contributeurs volontaires, n’a jamais été autre chose qu’un concept opérationnel. Seule une « force non neutre », c’est-à-dire offensive, à laquelle participeraient des pays « amis » du Congo, (des Etats d’Afrique australe ont été pressentis) pourrai faire basculer le rapport de forces, imposer le rétablissement de la souveraineté congolaise et restaurer la légalité. Mais les Etats n’ont que des intérêts, et guère d’amis.
21 novembre 2012

DEs rebelles dans Goma abandonnée

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Kiinshasa ayant refusé de négocier, les rebelles du M23 se sont emparés de Goma que ni les forces gouvernementales ni les Casques bleus n’ont su défendre.
A près avoir défait la garde républicaine qui avait tenu l’aéroport jusqu’à mardi matin, les rebelles du M23 ont pris le contrôle de la ville de Goma. A la mi-journée, leur chef, le général Sultani Makenga, a fait le tour des différents quartiers de la ville, tous aux mains de ses hommes. Alors que la population, terrée chez elle la veille sortait pour regarder passer les cortèges hérissés d’armes, les soldats mutins, dont beaucoup de très jeunes hommes, paradaient dans des véhicules tout terrain. Dans l’après-midi, plus aucun tir n’était entendu.
Quant aux forces gouvernementales, après avoir décroché de Goma, elles se sont repliées vers Sake et aussi vers Minova, une localité qui se trouve aux portes du massif du Masisi, dont le M23 avait été chassé avant l’été par les forces régulières. Le Masisi, avec ses vastes élevages, est souvent considéré comme le fief des Tutsis congolais. La reconquête du Masisi pourrait être le prochain objectif des forces rebelles. Mais à Bukavu, la population redoute une descente du M23 sur le Sud-Kivu au cas où ses revendications ne seraient pas entendues.
En effet, dans un communiqué rédigé en anglais, le président du mouvement, Bishop Jean-Marie Buniga, a précisé les revendications du mouvement : considérant que les accords conclus le 23 mars 2009 n’avaient pas été respectés par Kinshasa, le Mouvement du 23 mars exige, dans l’immédiat, la suspension de l’offensive militaire gouvernementale, la démilitarisation complète (par l’armée loyaliste…) de Goma et de son aéroport. Les rebelles exigent aussi que tous leurs officiers soient rétablis ou maintenus dans leurs grades au sein de l’armée gouvernementale et ils refusent l’idée d’être affectés dans d’autres provinces du pays.
Selon certaines sources, la poussée sur Goma aurait été accélérée après que, lundi, le ministre de l’information congolais, Lambert Mende, ait refusé toute négociation avec le M23, qualifiant le mouvement de « forces fictives mises en place par le Rwanda pour dissimuler ses activités criminelles en RDC ».
Des obus ont été tirés en direction du Rwanda et l’armée rwandaise a assuré que ces tirs avaient été délibérés. A peine entrés dans Goma, les rebelles ont pris le contrôle de deux postes frontières importants et les ont rouverts au trafic. A l’hôpital Heal of Africa, 37 blessés par balles ont été soignés, dont trois femmes enceintes, mais la ville ne porte pas trace de destructions ou de bombardements.
Pas de combats au sol
Alors que Roger Meece, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au Congo, avait assuré à plusieurs reprises que la Monusco (Mission des Nations unies au Congo) défendrait Goma et l’empêcherait de tomber aux mains des mutins, les forces onusiennes ont subi un échec cuisant : lorsque les troupes gouvernementales se sont retirées, les Casques bleus n’ont pas combattu au sol pour défendre la capitale du Nord-Kivu, mais des hélicoptères ont tiré roquettes et obus pour tenter d’endiguer la progression des rebelles, jusqu’à ce que ces derniers s’emparent de l’aéroport. Mardi cependant, la Monusco était revenue à l’aéroport.
Quant aux travailleurs humanitaires, ceux qui n’ont pas fui au Rwanda se sont réfugiés dans le bâtiment du Programme alimentaire mondial, et les opérations dans le Nord-Kivu, destinées à ravitailler 650.000 déplacés, ont été suspendues.
Selon un porte-parole de l’ONU, les rebelles ont enlevé des femmes et des enfants et blessé des civils.
Sur le plan politique, le président Kabila, depuis Kinshasa, a lancé un appel à la « mobilisation de toute la population pour défendre la souveraineté du Congo » puis il s’est rendu à Kampala pour y discuter de la crise congolaise avec le président ougandais Museveni. M. Kabila compte présenter des preuves des soutiens extérieurs dont bénéficient les rebelles.